SECRETAIRE GENERAL

"Aider le peuple timorais a été l'une des plus formidables responsabilités jamais accordées aux Nations Unies"

Kofi Annan

Oslo, décembre 2001

SITE WEB DE L'ADMINISTRATION TRANSITOIRE DES NATIONS UNIES AU TIMOR ORIENTAL
ATNUTO

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
 















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Journée internationale de la paix

21 septembre 2004

TIMOR-LESTE

UNE PAIX TOUJOURS PARTAGEE

 

Message du Secrétaire général de l’ONU à l’occasion de la Journée internationale de la paix
New York, le 21 septembre 2004

La Journée internationale de la paix donne lieu tous les ans à une cérémonie spéciale mais, cette année, elle revêt encore plus d’importance car elle coïncide avec le cinquantième anniversaire de la cloche de la paix que nous faisons sonner chaque année à cette occasion.
C’est en 1954 que cette cloche, fondue dans le métal obtenu à partir de pièces de monnaie recueillies par des enfants dans une soixantaine de pays, a été offerte à l’Organisation par l’Association japonaise pour les Nations Unies. Depuis un demi-siècle, elle lance au monde un message puissant concernant l’aspiration de l’humanité à la paix. Tout ce temps-là, du plus fort de la guerre froide à la montée des conflits internes, de la propagation de la crise du sida à l’escalade du terrorisme, le message de la cloche est resté constant, clair et juste.
Aujourd’hui, le son de cette cloche est un réconfort lorsque nous songeons aux événements douloureux de l’an passé et il nous donne des forces pour affronter l’avenir. En cette semaine où les pays du monde se réunissent pour ouvrir la cinquante-neuvième session de l’Assemblée générale, nous savons que nous aurons de multiples défis à relever. Pour être à même de le faire efficacement, je crois qu’un certain nombre de priorités fondamentales méritent tout particulièrement notre attention.
Nous devons continuer à renforcer le système de la sécurité collective et nous assurer qu’il est capable de faire face aux menaces du XXIe siècle. Le Groupe d’experts de haut niveau que j’ai formé l’an dernier travaille d’arrache-pied à nous donner les idées qui nous permettront d’y arriver.
Nous devons renforcer la solidarité internationale face à de graves crises humanitaires comme celle du Darfour.
Nous devons faire plus en vue de forger un véritable partenariat mondial pour le développement, contre la faim, l’ignorance, la pauvreté et la maladie et pour atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement, que tous les États Membres ont approuvé comme schéma directeur pour l’édification d’un monde meilleur au XXIe siècle.
Et nous devons promouvoir une plus grande tolérance et une meilleure compréhension entre les peuples du monde. Rien ne peut davantage mettre en péril les efforts que nous déployons pour consolider la paix et parvenir au développement qu’un monde divisé en blocs religieux, ethniques ou culturels. Dans chaque nation, et entre toutes les nations, nous devons nous employer à promouvoir une unité fondée sur notre humanité commune.
Puissions-nous aujourd’hui puiser notre inspiration dans le son de cette cloche alors que nous nous efforçons d’atteindre ces buts. Que la cloche porte son message haut, juste et clair dans le monde entier.

 

Kofi Annan en compagnie de Xanana Gusmao, président du Timor-Leste, à Dili le 19 mai 2002, à l'occasion de l'accession à l'indépendance du Timor oriental

Un nouvel Etat indépendant et démocratique est né le 20 mai 2002. Ce qui s’y est passé ces deux dernières années est, à bien des égards, exemplaire.
Cette île martyre, colonisée par le Portugal pendant quatre siècles, occupée par les Japonais pendant la seconde guerre mondiale, a été envahie le 7 décembre 1975 par l’Indonésie pour en faire une base militaire. Résultat : 200 000 Timorais massacrés, un tiers de la population.
Fin 1999, pour la première fois depuis la création des missions de maintien de la paix, l’Organisation des Nations unies réussissait à mettre un terme aux violations massives des droits de la personne par l’armée indonésienne.
Comment, pourquoi et grâce à qui cette renaissance a-t-elle été rendue possible, après le bain de sang qui a suivi le référendum d’août 1999 et le saccage du territoire par les milices timoraises partisanes de l’intégration à l’Indonésie, se demandait une journaliste de Radio France* ? Il a fallu, souligne-telle, la volonté d’un homme, le secrétaire général de l’ONU, M. Kofi Annan. De l’acceptation du référendum sur l’indépendance, en janvier 1999 par M. Yusuf Habibie, alors président de l’Indonésie, jusqu’au déploiement de la force d’interposition militaire, l’Interfet, dirigée par le général australien Peter Cosgrove, le 20 septembre, le secrétaire général de l’ONU s’est engagé personnellement et sans relâche dans un combat en faveur du Timor-Oriental.
Aujourd’hui, plus de deux ans après son indépendance, la situation de cette jeune République demeure essentiellement pacifique. Des progrès ont été enregistrés dans l’administration publique, la justice, le maintien de l’ordre, la sécurité, le processus électoral et les relations avec l’Indonésie.
Dans son rapport sur la situation au Timor-Leste, pour la période du 29 avril au 13 août 2004, le Secrétaire général de l’ONU note que le Timor-Leste a progressé de manière sensible vers l’autosuffisance. Il a adopté plusieurs textes de loi et assumé avec succès la responsabilité de sa sécurité intérieure et extérieure, tandis que l’administration, la police, et les forces armées ont continué à se développer et à acquérir de l’expérience, déclare Kofi Annan.
Après avoir souligné que la Mission d’appui des Nations Unies au Timor oriental (MANUTO) ne peut répondre qu’aux besoins les plus urgents, Kofi Annan estime que des efforts bilatéraux complémentaires sont essentiels pour renforcer l’administration publique, la force publique, la police et les forces armées, afin qu’elles acquièrent durablement et dans de bonnes conditions les capacités dont elles ont besoin. Concernant l’Indonésie et le Timor-Leste, Kofi Annan estime que l’accord, conclu entre les deux pays sur leur frontière commune, peut être un pas en avant crucial dans le développement de leurs relations bilatérales. Pour finaliser cet accord et gérer la zone frontalière, Kofi Annan exhorte les dirigeants des deux pays à faire tout leur possible au cours des prochains mois.
Aucune nation n’a jamais avancé aussi rapidement sur la voie de l’autosuffisance que le Timor-Leste, devait souligner le 20 mai 2004, devant le Conseil de sécurité, le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, Jean-Marie Guéhenno. Ce sont précisément ces progrès qui ont permis la réduction de l’aide internationale et le transfert des responsabilités aux Timorais.
Malgré des divergences de vues sur la manière de répondre aux besoins du pays en matière de sécurité, la communauté internationale est parvenue à un consensus sur la nécessité de consolider les acquis au Timor-Leste et de renforcer la présence de l’ONU dans le pays.
La prorogation du mandat de la MANUTO, comme le recommande le Secrétaire général dans son dernier rapport en axant son mandat sur la sécurité et la police, va dans ce sens, car elle est indispensable pour éviter tout retour en arrière.
Et comme l’a justement bien dit le Représentant de l’Espagne au Conseil de sécurité, l’ONU a investi bien trop au Timor-Leste pour compromettre des acquis qui témoignent de l’une des expériences les plus fructueuses de l’Organisation.


*Anny Bourrier, in Le Monde diplomatique, Juin 2002

 

 

 

 

 

 

Kofi Annan en compagnie de Xanana Gusmao, président du Timor-Leste, à Dili le 19 mai 2002, à l'occasion de l'accession à l'indépendance du Timor oriental

SALUANT L’ACCESSION A L’INDEPENDANCE DU TIMOR ORIENTAL, LE SECRETAIRE GENERAL PROMET A LA POPULATION QUE LES NATIONS UNIES RESTERONT A SES COTES

Vous trouverez ci-après le texte du discours prononcé par le Secrétaire général, M. Kofi Annan, à Dilu le 19 mai 2002, à l’occasion de l’accession à l’indépendance du Timor oriental:

Mon intervention sera brève. Il ne saurait en être autrement puisque je devrai m’arrêter dans quelques minutes, lorsque minuit sonnera, marquant le début de cette journée du 20 mai. Vous entrerez alors dans une ère nouvelle de votre histoire, en devenant un pays indépendant. Je suis profondément honoré et ému de vivre ce moment avec vous.

Avec ce jour nouveau s’ouvre un nouveau chapitre pour les habitants du Timor oriental. Le monde entier vous reconnaîtra comme un peuple indépendant. Je me souviens encore de ce jour, il y a 45 ans, où mon pays, le Ghana, est devenu indépendant. Ce soir, je sens le même enthousiasme que ce jour-là.

Ce moment est l’occasion pour nous de rendre hommage à tous les Timorais qui ont lutté sans relâche pour l’indépendance. Nous saluons également la mémoire de ceux qui nous ont quittés – mais qui avaient rêvé de ce moment. Cette journée est aussi la leur.

Je vous rends hommage, peuple du Timor oriental, pour le courage et la persévérance dont vous avez fait preuve. Le chemin de l’indépendance a été rude. Vous pouvez être fiers de ce que vous avez accompli. Le fait que votre petite nation soit devenue une source d’inspiration pour le reste du monde et qu’elle ait été au centre de notre attention est le plus bel hommage qui puisse vous être rendu.

Je suis également très fier de la relation de partenariat qui s’est instaurée entre vous – le peuple du Timor oriental – et nous – les Nations Unies. Ensemble, nous avons jeté les fondations d’un avenir prospère sous le signe de la démocratie.

Bien que ce soit surtout votre détermination qui vous a conduits au succès, vous avez également reçu l’aide de nombreux amis du monde entier. Depuis deux ans et demi, une coalition mondiale de pays a conjugué ses forces pour faire de ce jour une réalité.

La période de transition qui s’achève a présenté un caractère véritablement unique. Jamais auparavant le monde n’avait montré une telle volonté d’aider un petit pays à se construire.

Jamais auparavant il n’avait été demandé à l’Organisation des Nations Unies d’administrer un territoire et de l’accompagner ainsi sur la voie menant à l’indépendance. Mes collègues de l’ATNUTO – avec à leur tête mon Représentant spécial, Sergio Vieira de Mello – se sont acquittés de cette noble mission avec courage et imagination. Je suis fier d’eux et leur exprime toute ma reconnaissance. Je tiens également à vous remercier d’avoir collaboré avec eux. Ce jour qui marque votre accession à l’indépendance est un jour de fierté pour chacun de nous.

Alors que vous entreprenez de donner forme à votre propre avenir, des épreuves et des difficultés vous attendent. L’indépendance n’est pas une fin en soi. Elle marque le début de l’autonomie, qui exige compromis, discipline, unité et détermination. Cette première tâche ardue dont vous vous êtes acquittés – votre accession à l’indépendance – en annonce, en fait, de nombreuses autres.

Ceux qui ont l’honneur de vous diriger devront avoir à coeur de lutter sans relâche contre la pauvreté, les maladies et les inégalités; d’offrir une éducation à tous et de promouvoir la bonne gouvernance afin qu’elle profite à chacun; et de défendre l’état de droit.

Et vous qui avez l’honneur d’appartenir à cet État naissant devrez avoir à coeur de travailler dur pour votre pays et vous-mêmes, mais aussi pour vos amis et vos voisins.

Devenir maître de son destin exige discipline et labeur. La citoyenneté demande de grands efforts. Il faudra donc que vous mettiez votre énergie et vos idées au service de l’édification de ce pays, tout comme vous l’avez fait durant la lutte pour l’indépendance.

Vous devez, avant tout, rester unis. L’unité ne veut pas dire qu’il n’y aura qu’une seule sorte de croyances permise ou qu’il n’existe qu’une réponse aux problèmes. Elle demande, au contraire, qu’on fasse place à des idées et des opinions différentes, toutes susceptibles d’aider à bâtir une société de diversité et de création.

Je tiens à vous assurer que le monde ne se détournera pas de vous maintenant que vous avez acquis votre indépendance. Les Nations Unies resteront à vos côtés. Vos amis du monde entier continueront de vous apporter leur soutien. Nous travaillerons ensemble pour faire en sorte que vos premières années d’indépendance soient des années de stabilité et de progrès.

Je suis, pour ma part, convaincu que vous saurez vous acquitter avec brio de vos nouvelles fonctions – en tant que citoyens du Timor oriental et citoyens du monde.

Je vous souhaite un avenir radieux et paisible.

PARABENS, BOA SORTE, E OBRIGADO BARAK! VIVA TIMOR LESTE!

[Félicitations, bonne chance et merci beaucoup! Longue vie au Timor oriental!]

 

Kofi Annan en compagnie de Xanana Gusmao et du Premier ministre portugais, à New York le 27 septembre 2002, à l'occasion de l'admission du Timor -Leste à l'ONU

LE TIMOR-LESTE DEVIENT LE 191E MEMBRE DES NATIONS UNIES EN PRESENCE DE SON PRESIDENT XANANA GUSMAO QUI PLAIDE POUR UN SOUTIEN ACCRU DE LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE

Xanana Gusmao, Président du Timor-Leste, à la tribune de l'Assemblée générale, le 27 eptembre 2002

Le Timor-Leste est le premier Etat à avoir acquis son indépendance au XXIe siècle s’est félicité le 27 septembre 2002 le Président de l’Assembléegénérale, M. Jan Kavan, en accueillant le Président du 191e Etat Membre des Nations Unies M. Xanana Gusmao, en présence du Secrétaire général des Nations Unies et du Premier Ministre du Portugal, M. Jose Manuel Durao Barroso, qui a salué le triomphe de l’esprit d’humanité. M. Kavan a pour sa part appelé les Nations Unies et le reste de la communauté internationale à renforcer leur soutien au Timor-Leste dans son processus de développement économique et social. Le Président de la République démocratique du Timor-Leste, M. Xanana Gusmao, a salué le rôle des Nations Unies et de la communauté internationale dans l’accession à l’indépendance de son pays, rappelant que la consultation populaire organisée par l’Administration transitoire des Nations Unies au Timor oriental (ATNUTO) le 30 août 1999 avait été le premier acte de conscience démocratique des Timorais de l'Est. Le peuple du Timor-Leste a déjà défini sa vision du développement pour les vingt prochaines années, a poursuivi le Président, et nous sommes déterminés à en finir avec la pauvreté et l'illettrisme et à améliorer le niveau de vie de nos concitoyens.

Mais nous sommes également conscients que seule une société juste et tolérante peut créer un climat stable, a ajouté M. Gusmao, rappelant que le Timor-Leste avait, au cours des deux dernières années, intensifié ses contacts dans la région d’Asie du Sud-Est. L’intensification de la coopération régionale avec les nouvelles autorités du Timor-Leste a été également soulignée par le représentant de l’Indonésie qui, se félicitant de l’admission de son voisin au sein des Nations Unies, a salué les bonnes relations entretenues entre les deux États depuis l’indépendance du Timor-Leste, le 20 mai dernier. Il a précisé que les Gouvernements du Timor-Leste et de l’Indonésie ont déjà défini les domaines dans lesquels ils entendent intensifier leur coopération, à savoir le développement économique, la lutte contre le crime transfrontalier et le terrorisme. Il a indiqué que son Gouvernement est disposé à renforcer son appui au développement des capacités de Timor-Leste dans les domaines de l’éducation et de la santé. Pour sa part, le représentant de l’Australie a, à son tour, manifesté la détermination de son Gouvernement à contribuer au développement économique et institutionnel du Timor-Leste.

Se félicitant également du rôle clef joué par les Nations Unies et la communauté internationale, par le truchement de l’ATNUTO, dans le processus d’autodétermination du peuple timorais et de création du Timor-Leste, les représentants de la République islamique d'Iran, au nom des États d'Asie, de l’Ukraine, au nom des Etats d'Europe orientale, du Suriname, au nom des Etats d’Amérique latine et des Caraïbes, du Portugal, au nom des Etats d’Europe occidentale et autres Etats, du Brésil, au nom de la Communauté des pays lusophones, et des Etats-Unis, au nom du pays hôte, ont jugé essentielle la poursuite de la coopération internationale afin d’assurer le développement de la jeune nation du Timor-Leste. Les représentants de la Côte d’Ivoire, au nom du Groupe des Etats africains, et de Sainte-Lucie, en sa qualité de Président du Comité des 24, ont en outre souhaité que l’exemple du Timor-Leste inspire les puissances administrantes des seize territoires non autonomes restants afin qu’ils puissent se prononcer sur leur statut dans le courant de la Deuxième Décennie internationale de l’élimination du colonialisme.

Décalartion du Préseident du Timor-Leste, Xanana Gusmao:

M. XANANA GUSMAO, Président de la République démocratique du Timor-Leste, a rappelé que son pays se trouvait depuis les années soixante sur la liste des territoires non autonomes réclamant son droit à l'indépendance et à l'autodétermination. Il a rappelé que la consultation populaire organisée par les Nations Unies fut le premier acte de conscience démocratique des Timorais de l'Est, malgré une atmosphère d'hostilité. Notre peuple, a-t-il souligné, a lutté pour sa liberté pendant plus de deux décennies et le 30 août 1999 fut le jour de la libération, le jour de la démocratie. Ensuite, le travail de l'ATNUTO (Administration transitoire des Nations Unies au Timor oriental) fut de jeter les bases d'une véritable indépendance. Le 20 mai 2002 fut une date mémorable: les Nations Unies et la communauté internationale ont rendu justice aux principes internationaux et aux valeurs universelles qui fondent l'existence des peuples et des nations en reconnaissant leur droit inaliénable à l'autodétermination et à l'indépendance.

Le Président Gusmao s’est estimé privilégié de représenter ici un petit peuple très digne et extraordinairement brave qui a déjà défini sa vision du développement pour les vingt prochaines années, déterminé à en finir avec la pauvreté et l'illettrisme et à améliorer le niveau de vie de chacun de ses citoyens. Mais nous sommes conscients, a-t-il ajouté, qu'il n'y aura pas de développement économique ni social dans notre pays sans les bases élémentaires de la démocratie. Seule une société juste et tolérante peut créer un climat stable. Exprimant par ailleurs sa conviction du droit des Palestiniens à l'autodétermination, M. Gusmao a également réclamé l'organisation d'un référendum d'autodétermination au Sahara occidental, rappelant que le droit inaliénable du peuple sahraoui à l'autodétermination avait été reconnu par les Nations Unies huit ans avant celui des Timorais. Le Timor-Leste, a-t-il expliqué, a participé récemment au 3e Sommet des chefs d'Etat et de gouvernement des ACP, ce qui a éveillé son attention sur le fait de participer activement aux groupes de pays en voie de développement pour partager avec eux des préoccupations communes. Géographiquement, a-t-il rappelé, nous sommes près de l'Asie du Sud-Est et nous avons au cours des deux dernières années intensifié nos contacts dans cette région, participant notamment à la réunion ministérielle de l'ASEAN à Brunei, tout comme nous sommes devenus en juillet derniers membres de la Communauté des pays de langue portugaise.

Le Président du Timor-Leste a par ailleurs assuré les Etats Membres que son pays se joignait à la guerre contre le terrorisme et ne relâcherait pas sa vigilance ni sa détermination à extirper toute forme d'extrémisme et de radicalisme du pays. Mais, si les pays en développement doivent fermement s'engager à appliquer des politiques de lutte contre la pauvreté, il revient aussi aux pays riches du Nord d'accroître leur aide internationale au développement à concurrence de 0,7% de leur PNB; d'effacer la dette des pays les plus pauvres; d'accepter un rééchelonnement des paiements des pays les plus endettés pour que ces sommes soient investies dans l'éducation et la santé publique; d'assurer un meilleur accès des plus pauvres aux marchés des plus riches en levant les barrières commerciales et en allégeant les régulations douanières et frontalières.

Au plan intérieur, a-t-il poursuivi, nous avons adopté une politique de réconciliation de tous les Timorais, fondée sur la justice et en cherchant à écarter tout sentiment de haine ou de revanche. Le Timor-Leste est devenu partie notamment aux Conventions internationales contre la torture ou relative aux droits de l'enfant. Le peuple du Timor-Leste sait que la paix a un prix et que ce prix c'est la liberté de son peuple, la tolérance envers les autres cultures et croyances. Soulignant l’importance de la Journée mondiale de la paix le 11 septembre, M. Gusmao a conclu son allocution en proposant une Semaine de la paix mondiale, qui se tiendrait chaque année du 21 au 27 septembre et serait célébrée par des débats et conférences sur la paix. La paix ne doit plus être un concept théorique mais un sujet de réflexion profonde sur la pauvreté, la démocratie, les droits de l'homme et la justice

LE CONSEIL DE SECURITE CELEBRE L’INDEPENDANCE DU TIMOR ORIENTAL ET REAFFIRME SON ENGAGEMENT A CONTRIBUER A LA STABILITE POLITIQUE ET ECONOMIQUE DU PAYS COMME L’ATTESTE LA NOUVELLE MISSION DE L’ONU

Dix-huit délégations se sont jointes, le 22 mai 2002, aux membres du Conseil pour célébrer l’indépendance du Timor oriental, proclamée à Dili le 20 mai, et réaffirmer l’engagement de la communauté internationale à contribuer à la stabilité politique et au développement économique et social à ce nouvel Etat. Présidée par le Ministre des affaires étrangères de Singapour, M. S. Jayakumar, la réunion du Conseil a été l’occasion pour la Vice-Secrétaire générale de l’ONU, Mme Louise Fréchette, de déclarer que l’indépendance du Timor oriental est un moment qui doit inspirer l’ensemble de la communauté internationale. Le peuple du Timor oriental, a-t-elle estimé, illustre à la perfection une adhésion constante aux valeurs fondamentales de la Charte des Nations Unies, à savoir la réconciliation et la création d’institutions démocratiques, garantes des droits de l’homme. Le fait que ce peuple ait choisi de regarder le futur plutôt que le passé, augure bien de l’avenir, a encore estimé Mme Fréchette.

Après avoir entendu les déclarations des différents intervenants, le Président du Conseil a fait au nom des membres du Conseil une déclaration qui, à bien des égards, résume le sentiment général exprimé aujourd’hui. Ainsi, dans cette déclaration présidentielle, les membres du Conseil se félicitent de l’accession à l’indépendance du Timor oriental qui, soulignent-ils, marque l’aboutissement d’un processus d’autodétermination et de transition commencé en mai 1999. Ils félicitent ainsi l’Administration transitoire des Nations Unies au Timor oriental (ATNUTO) du travail important qu’elle a réalisé dans le rétablissement de la paix et l’édification de bases solides pour un Etat démocratique.

Les membres du Conseil expriment ensuite leur appui résolu aux dirigeants du Timor oriental au moment où ils s’apprêtent à gouverner le nouvel Etat souverain. Ils se félicitent, à cet égard, que le Gouvernement est-timorais soit décidé à établir des liens étroits et solides avec l’Indonésie. Présent, ce matin, le représentant indonésien a salué le statut d’homme d’Etat visionnaire du Président Xanana Gusmao qui a promu la réconciliation parmi le peuple est-timorais. Le représentant a réaffirmé la volonté de son pays d’élargir les relations bilatérales avec le Timor oriental en invoquant, pour illustrer ses propos, la présence à Dili du Chef d’Etat indonésien, Mme Sukarnoputri Megawati, aux cérémonies d’indépendance.

Néanmoins, dans la déclaration présidentielle, les membres du Conseil se disent préoccupés par le fait que des problèmes continuent de menacer la sécurité et la stabilité du Timor oriental. Ils notent avec préoccupation des faiblesses dans plusieurs composantes critiques de l’administration publique au Timor oriental pendant la période suivant l’indépendance. A cet égard, ils se déclarent convaincus que la Mission d’appui des Nations Unies au Timor oriental (MANUTO), créée aux termes de la résolution 1410 (2002) du 17 mai 2002, contribuera à consolider et à renforcer un environnement stable au Timor oriental.

En conséquence, les membres du Conseil engagent les Etats Membres à répondre favorablement à l’appel urgent du Secrétaire général pour que les postes vacants dans le Groupe d’appui civil puissent être pourvus. Ils leur demandent aussi, ainsi qu’à d’autres acteurs, de fournir l’aide demandée en vue d’assurer le développement de la force de défense, du service de police et du secteur de la justice, le développement économique et social et l’atténuation de la pauvreté. Les membres du Conseil notent, en conclusion, que le Gouvernement du Timor oriental a adressé, ce jour, une lettre au Secrétaire général, demandant l’admission à l’ONU.

CONSEIL DE SECURITE : L’APRES-INDEPENDANCE DU TIMOR ORIENTAL EST ENVISAGEE AVEC OPTIMISME

Le Conseil de sécurité a achevé, le 29 avril 2002, le débat sur la situation au Timor oriental au cours duquel ses membres ont exprimé leur soutien et envisagé leur aide au territoire qui proclamera son indépendance le 20 mai prochain. En présence du Président récemment élu, M. Xanana Gusmao et du Ministre principal du futur gouvernement, le Secrétaire général avait vendredi dévoilé ses projets concernant la présence future de l’ONU sur le terrain afin d’aider le pays à s’engager durablement sur la voie de la stabilité, de l’indépendance et du développement. Cette présence prendrait la forme d’une mission d’appui, dénommée la Mission d’appui des Nations Unies au Timor oriental (MANUTO), qui aurait pour tâche principale de favoriser l’administration publique, l’ordre public et la sécurité intérieure et extérieure de cette nouvelle nation. Mise en place pour une période initiale d’un an, la Mission d’appui serait dotée d’un mandat bien défini et assorti d’une stratégie de sortie, qui s’effectuerait graduellement sur deux ans. Un projet de résolution portant création de la mission sera mis prochainement aux voix.

Les délégations ont exprimé leur satisfaction pour les résultats auxquels sont parvenus l’Administration transitoire des Nations Unies au Timor oriental en moins de deux ans et demi et leur appui à la nouvelle mission proposée. Solide, réaliste et précise ont été les termes employés à plusieurs reprises pour qualifier les recommandations du Secrétaire général. Ainsi que l’a posé clairement le représentant du Brésil, le 20 mai ne doit pas signifier la fin de la présence de l’ONU au Timor oriental mais plutôt le début d’une nouvelle période de coopération et d’aide. Une assistance qui devra aussi être tournée vers le développement économique du pays. A cet égard, le représentant de la Nouvelle-Zélande a indiqué que, comme l’ONU, son pays allait maintenant passer de l’assistance au maintien de la paix à l’aide au développement. Comme plusieurs intervenants l’ont fait remarquer, la situation économique du pays est telle, qu’elle demandera des investissements importants qui ne porteront pas nécessairement les fruits rapidement et que l’ensemble de la communauté internationale, aux côtés de l’ONU, devra être disposé à consentir.

L’importance pour le Timor oriental d’établir des relations de bon voisinage avec les pays de la région et surtout avec son voisin direct, l’Indonésie, a été soulignée. Sur ce point, le représentant indonésien a affirmé que son Gouvernement envisage une relation prometteuse qui repose sur le respect mutuel des intérêts de chacun avec le Timor oriental. A cette fin, il lui est apparu urgent de régler de manière globale le problème complexe et pluridimensionnel des réfugiés en se fondant sur l’appel conjoint entre les Nations Unies et le Gouvernement indonésien du le 27 novembre dernier. Il a aussi estimé que les accords à propos des frontières ne devront pas toutefois être liés aux questions de sécurité, ni à la réduction de la composante militaire de l’ATNUTO ou de la mission qui lui succédera. De l’avis du représentant, parvenir à la bonne gouvernance pour le Gouvernement de Dili passera par l’adoption de lois définissant le statut de la terre et les droits de propriété au Timor oriental, le respect des droits fondamentaux de tous les Est-timorais, quelle que soit leur conviction politique, l’état de droit, le bon fonctionnement de l’administration et des efforts soutenus en faveur de la réconciliation de la population.

JEAN-MARIE GUEHENNO RECOMMANDE DES AJUSTEMENTS REALISTES ET PRUDENTS POUR CONSOLIDER LES EFFORTS DE LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE AU TIMOR-LESTE

Moins d’un an après son indépendance célébrée le 20 mai 2002, l’évolution de la situation en matière de sécurité au Timor-Leste a été 10 mars 2003 au cœur des préoccupations du Conseil de sécurité. En effet, alors qu’il présentait le rapport du Secrétaire général sur la Mission d’appui des Nations Unies au Timor oriental (MANUTO), le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, M. Jean-Marie Guéhenno, a jugé inquiétants les récents développements intervenus ces derniers mois et a recommandé des ajustements réalistes et prudents afin de protéger durablement les investissements consentis pendant ces dernières années par la communauté internationale au Timor-Leste.

Evoquant les émeutes intervenues à Dili le 4 décembre dernier et les massacres à Ermera le 4 janvier et à Bonobaro le 24 janvier perpétrés par des groupes armés qui étaient selon lui motivés par des raisons politiques et criminelles, M. Guéhenno a jugé que les autorités timoraises ne pouvaient en l’état actuel de leurs capacités de police et d’armée faire face à de tels soulèvements. Aussi, le Secrétaire général adjoint a-t-il invité le Conseil de sécurité à reconsidérer les plans de réduction des effectifs de la MANUTO qui avaient été prévus, il y a neuf mois, à un moment où la situation était stable. Cette réduction d’effectifs ne pourrait que fragiliser les nouvelles institutions timoraises, a-t-il mis en garde, demandant que le plan consistant à réduire de 750 hommes les effectifs militaires de la MANUTO à la mi-2003, soit différé à la fin de l’année.

Les 2 580 hommes qui composent cette force actuellement doivent faire face à la menace des groupes armés dans certaines régions de Timor-Leste, a rappelé M. Guéhenno, qui a estimé que la réduction d’un tiers de ces effectifs risquait de fragiliser la capacité de réaction de la police internationale et de la MANUTO en cas de nouvelles émeutes, en août prochain par exemple. Rappelant que lors des opérations de la MANUTO visant à arrêter les auteurs du massacre commis à Bobonaro, les Casques bleus avaient découvert un camp d’entraînement militaire et des stocks d’équipements militaires, d’armes et de munitions, M. Guéhenno a déclaré que la communauté internationale était confrontée à un choix entre une solution minimaliste et une solution de prudence et d’efficacité sur la base des recommandations contenues dans le rapport. Pour sa part, le représentant de Timor-Leste a déclaré que les propositions du Secrétaire général apportent une réponse proportionnelle et équilibrée aux menaces qui visent à déstabiliser son pays avant d’indiquer que le Premier Ministre timorais s’était engagé à trouver, auprès des pays donateurs, les moyens d’équiper, de former et de recruter 500 personnes supplémentaires au sein des forces de police.

Toutefois, si dans leur ensemble, les membres du Conseil de sécurité ont, à l’instar de la Fédération de Russie, de la Chine ou de l’Espagne, considéré que les recommandations du Secrétaire général devaient être mises en œuvre pour consolider les investissements consentis au Timor-Leste depuis plus de trois ans, l’Allemagne, les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni n’ont pas jugé nécessaire de remettre en cause le rythme prévu de réduction des effectifs militaires de la MANUTO d’ici à la fin de l’année. Ces incidents ne sont pas de grande envergure, a observé le représentant des Etats-Unis qui souligne que la responsabilité de gérer ce type d’incidents incombe à la police et non au personnel de la MANUTO. La présence d’un peu moins de 2 000 agents de la paix devrait suffire pour aider la police à neutraliser des groupes de criminels et contrer des cas isolés de violence et d’incidents, a-t-il dit, en s’interrogeant sur les arguments qui pourraient être utilisés à la fin de l’année si, après un gel des effectifs, des incidents surviennent. Son homologue de l’Allemagne a demandé à M. Guéhenno d’axer tous les efforts des Nations Unies sur le renforcement de la capacité de la police de Timor-Leste et s’est dit prêt, dans ce contexte, à étudier toute proposition raisonnable visant à observer une pause dans le retrait du contingent de police tout en souhaitant en connaître le prix à payer.

LE CONSEIL DE SECURITE REFLECHIT A LA PERIODE SUIVANT L’EXPIRATION DU MANDAT DE LA MISSION DE L’ONU AU TIMOR-LESTE, LE 20 MAI 2004

Aucune nation n’a jamais avancé aussi rapidement sur la voie de l’autosuffisance que le Timor-Leste, a affirmé le 20 février 2004, devant le Conseil de sécurité, le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, Jean-Marie Guéhenno. En présence du Ministre est-timorais des affaires étrangères, Jose Ramos-Horta, le Secrétaire général adjoint évoquait la situation d’un pays qui, ayant proclamé son indépendance le 20 mai 2002, poursuit ses efforts de reconstruction avec l’aide de la Mission des Nations Unies au Timor oriental (MANUTO), créée le 17 mai 2002 par la résolution 1410.

Sur la base des recommandations du Secrétaire général de l’ONU auxquelles ils ont globalement adhéré, les membres du Conseil et leurs invités ont consacré la réunion de ce matin à une réflexion sur la période post-MANUTO dont le mandat, qui expirera le 20 mai 2004, porte sur la mise en œuvre d’un plan d’exécution à trois volets: « Stabilité, démocratie et justice », « Sécurité publique et maintien de l’ordre » et « Sécurité extérieure et contrôle des frontières ».

Les recommandations du Secrétaire général, a expliqué M. Guéhenno, visent la consolidation des acquis et s’articulent en deux étapes, à savoir la définition des tâches à remplir en des termes concrets et l’identification des meilleurs moyens par lesquels la MANUTO peut apporter sa contribution. Kofi Annan propose la prorogation, pour une période d’un an, d’une MANUTO dotée d’un mandat modifié dont la différence avec le précédent tiendrait surtout au passage d’une approche opérationnelle à une démarche de services consultatifs. Il s’agit donc, cette fois, de l’appui à l’administration publique et de l’assistance aux enquêtes dans le cas de crimes graves, à la sécurité intérieure et au maintien de l’ordre ainsi qu’à la sécurité extérieure et au contrôle des frontières. Compte tenu de ce qui précède, le Secrétaire général de l’ONU recommande la réduction des effectifs de la Mission qui ne comporterait plus que 58 conseillers civils, 157 conseillers de police civile, 42 officiers de liaison et une force de sécurité de 310 militaires.

L’adoption de ces recommandations « représenterait un effort modeste par rapport à ce qui a déjà été accompli mais pourrait faire la différence dans la consolidation des acquis obtenus jusqu’ici », a souligné le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix. Si un consensus s’est dégagé sur la nécessité de maintenir une présence de l’ONU après l’échéance de mai 2004, à l’instar de certaines délégations, le Royaume-Uni et l’Australie ont émis des doutes sur la pertinence d’une force de sécurité. Arguant que les menaces qui continuent de peser sur le nouvel Etat sont davantage d’ordre interne qu’externe, le représentant australien a jugé plus efficace de se concentrer sur les forces de police. Selon le modèle proposé par son pays, la police nationale relèverait de la seule responsabilité du Gouvernement alors que l’unité de police de l’ONU ne se déploierait qu’en cas d’urgence et dans des situations que la police nationale ne serait pas en mesure de contrôler. Une force de police bien équipée, a affirmé le représentant, serait capable d’accomplir les tâches prévues pour la période post-MANUTO.

Appuyé par la majorité des délégations, le Ministre des affaires étrangères du Timor-Leste a avancé un argument contradictoire. Il a rappelé la teneur de la lettre que son Premier Ministre a adressée au Secrétaire général, au début de ce mois avant de réaffirmer la dynamique sur le terrain qui exige du Conseil le maintien d’une force militaire comme « meilleur moyen de dissuasion contre toute violence éventuelle ». La violence, a expliqué M. Ramos-Horta, pourrait résulter du manque de progrès sur la question de la démarcation de la frontière avec l’Indonésie et de la fragilité des institutions chargées de l’ordre et de la loi ainsi que de l’administration publique. Il vaut mieux pêcher par excès de prudence, a-t-il ajouté, en estimant que tout calcul mal avisé de retirer prématurément la force de sécurité risquerait de compromettre le succès extraordinaire qu’a remporté l’ONU au Timor-Leste.

Ces propos ont conduit certaines délégations à rappeler au Gouvernement est-timorais ses responsabilités d’Etat souverain. Aussi, le représentant de la France a-t-il jugé utile de définir, dès à présent, une stratégie de sortie claire pour la MANUTO. L’ONU, a-t-il dit, doit démontrer sa capacité à mettre un terme aux opérations précisées dans son mandat lorsque les conditions sont réunies et à permettre les efforts de consolidation de la paix par l’aide au développement et l’engagement des donateurs bilatéraux. Le représentant français a ainsi suggéré que l’échéance de la MANUTO n’aille pas au-delà d’une année, « si les circonstances le permettent ».

LA SITUATION AU TIMOR-LESTE

Rapport spécial du Secrétaire général sur la Mission d’appui des Nations Unies au Timor oriental (S/2004/117)

Ce rapport couvre les activités de la Mission d’appui des Nations Unies au Timor oriental (MANUTO), fait le point des progrès réalisés dans la mise en œuvre des différents volets du plan d’exécution du mandat de la Mission et présente des propositions concernant la façon dont la communauté internationale pourrait aider à promouvoir la sécurité et la stabilité du Timor-Leste après le 20 mai 2004. Le Secrétaire général y aborde l’évolution de la situation politique au Timor-Leste où les institutions politiques ont continué à se renforcer et à évoluer, avant de souligner que sur le plan de la sécurité, la situation est restée généralement calme au cours de la période examinée. Abordant l’excellente communication qui a caractérisé les relations entre le Timor-Leste et l’Indonésie, Kofi Annan juge urgent qu’en se fondant sur cette bonne volonté, les deux pays progressent davantage dans la recherche d’une solution aux problèmes posés par la présence continue de 28 000 Est-Timorais réfugiés au Timor occidental ainsi qu’à la conclusion d’un accord sur une ligne frontière provisoire.

Pour ce qui est de l’appui du système des Nations Unies au Timor-Leste, le rapport contient des propositions concernant l’assistance après le 20 mai 2004 et la phase de consolidation de la MANUTO. Il recommande que le Conseil de sécurité envisage de proroger d’une nouvelle « phase de consolidation » de 12 mois la mission actuelle afin qu’elle fonctionne avec un mandat modifié comportant les éléments ci-après: la fourniture d’une assistance au système de justice et aux structures administratives centrales qui sont indispensables à la viabilité et à la stabilité politique du Timor-Leste; la contribution au développement continu de la police nationale du Timor-Leste; et la contribution au maintien de la sécurité et de la stabilité au Timor-Leste.

Cette assistance devra par ailleurs continuer à couvrir plusieurs domaines, notamment l’appui à l’administration publique, l’assistance aux enquêtes dans le cas de crimes graves, la sécurité intérieure et le maintien de l’ordre, et la sécurité extérieure et le contrôle des frontières. S’agissant du rôle du système des Nations Unies, Kofi Annan note qu’en dépit de progrès importants dans la mise en œuvre du Plan national de développement, des obstacles considérables au développement demeurent, en particulier la baisse de l’aide au développement et la réduction imprévue des recettes internes qui devrait être conjuguée à un déficit total de 136 millions de dollars. Aussi, en raison en particulier des retards dans l’obtention de recettes provenant de la mise en valeur des gisements pétroliers, qui peuvent aggraver des problèmes comme le chômage et l’incapacité de fournir des services à la population locale, une coopération continue et renforcée entre la MANUTO et le système des organismes, fonds et programmes des Nations Unies, ainsi que d’autres acteurs bilatéraux et la société civile, sera essentielle au cours de la prochaine année.

Concernant les aspects financiers de la MANUTO, le rapport souligne que l’Assemblée générale a ouvert, au titre de l’exercice allant du 1er juillet 2003 au 30 juin 2004, un crédit d’un montant total de 208,8 millions de dollars. Au 31 janvier 2004, le montant non acquitté des contributions mises en recouvrement au titre du Compte spécial de l’ATNUTO/MANUTO était de 140,8 millions de dollars, précise Kofi Annan.

Dans ses observations et recommandations, le Secrétaire général note que malgré les progrès extraordinaires qui ont été accomplis par le Gouvernement et le peuple timorais au cours des 18 derniers mois, des problèmes considérables subsistent alors que le mandat actuel de la MANUTO vient à expiration et ajoute qu’une assistance supplémentaire sera essentielle pour consolider les gains qui ont été obtenus et permettre au Timor-Leste de parvenir à un niveau d’autosuffisance. Aussi, Kofi Annan recommande-t-il la prorogation de la MANUTO pendant une année supplémentaire, avec des effectifs réduits et un mandat modifié. Il recommande à ce titre le maintien d’une composante de 58 conseillers civils qui fourniraient des conseils et un appui à l’administration publique et au système judiciaire; la fourniture d’un appui continu aux poursuites et procès concernant les crimes graves commis au Timor-Leste en 1999; le maintien d’un groupe de 157 conseillers de police civile qui appuieraient le renforcement continu de la police timoraise; le déploiement de 42 officiers de liaison, qui suivraient l’évolution de la situation en matière de sécurité et appuieraient les activités de démarcation; et le déploiement d’une force de sécurité de 310 militaires chargés d’assurer la protection des officiers de liaison.