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"L'Islam et terrorisme ne sont pas, n'ont jamais été et ne seront jamais la même chose." Kofi Annan, Conférence extraordinaire des ministres des affaires étrangères de l'Organisation de la Conférence Islamique (OCI), à Doha (Qatar) le 10 octobre 2001 À l'heure où le terrorisme fait ces jours-ci la une des journaux, occupe les chaînes de TV et les esprits de très nombreux acteurs de la sécurité internationale, frappe régulièrement à Bagdad, ou comme il vient de le faire à Londres, à Charm-El-Cheikh ou à Madrid en 2004, le monde musulman vient d'être, encore une fois, montré du doigt. Selon certains , l'islam est devenu, sous sa forme intégriste, la nouvelle bête noire de l'Occident, «le grand dragon vert» du croissant de la crise prêt à semer la destruction sur son passage. Des observateurs et commentateurs, habituellement sérieux, décrivent le phénomène intégriste islamique, surtout au Moyen-Orient, comme la plus grave menace qui pèse sur la paix et la sécurité mondiales, et sur les intérêts occidentaux en général, depuis la chute du Mur de Berlin. Cette peur est, dans l'ensemble, exagérée et injustifiée. Elle est due surtout à plusieurs fausses idées de base sur la nature du phénomène appelé «intégrisme islamique». Ce qui suit tente de faire connaître la position de l'ONU sur cette question, et d'expliquer que tout acte de violence contre les civils est un crime contre l'humanité et un péché en termes religieux. Cela étant , et comme l'a souligné Kofi Annan à la Conférence internationale contre le terrorisme tenue à Riyad, en février 2005, "Tous les États doivent bien faire comprendre qu’aucune cause, quelle qu’elle soit, ne justifie que l’on s’en prenne délibérément à des civils et à des non-combattants. Pour les pays musulmans, c’est un principe doublement important : non seulement parce que leurs citoyens doivent être protégés contre les atrocités du type de celles qu’ont connues Riyadh et beaucoup d’autres villes du monde islamique, mais aussi parce qu’il faut absolument faire échec à une vision fausse de l’Islam propagée par quelques esprits malfaisants. Ceux qui affirment à tort que l’Islam préconise le meurtre d’innocents ternissent l’image de cette riche et ancienne religion. Ils nuisent aussi à des causes légitimes chères au cœur de nombreux Musulmans. Les gouvernements et les responsables religieux du monde islamique doivent donc veiller à clamer bien haut leur condamnation du terrorisme, chez eux et ailleurs." MESSAGE DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL POUR LA CONFÉRENCE INTERNATIONALE CONTRE LE TERRORISME Vous trouverez ci-après le texte du message du Secrétaire général, Kofi Annan, prononcé par M. Javier Rupérez, Directeur exécutif du Comité contre le terrorisme, au cours de la Conférence internationale contre le terrorisme tenue à Riyad (Arabie saoudite), du 5 au 8 février 2005:
Tous les États doivent bien faire comprendre qu’aucune cause, quelle qu’elle soit, ne justifie que l’on s’en prenne délibérément à des civils et à des non-combattants. Pour les pays musulmans, c’est un principe doublement important : non seulement parce que leurs citoyens doivent être protégés contre les atrocités du type de celles qu’ont connues Riyadh et beaucoup d’autres villes du monde islamique, mais aussi parce qu’il faut absolument faire échec à une vision fausse de l’Islam propagée par quelques esprits malfaisants. Ceux qui affirment à tort que l’Islam préconise le meurtre d’innocents ternissent l’image de cette riche et ancienne religion. Ils nuisent aussi à des causes légitimes chères au cœur de nombreux Musulmans. Les gouvernements et les responsables religieux du monde islamique doivent donc veiller à clamer bien haut leur condamnation du terrorisme, chez eux et ailleurs. Tous les États ont le devoir de se faire entendre, mais ils ont aussi celui d’écouter toutes les voix qui s’expriment dans le monde islamique. Nombreuses sont celles qui nous disent que nous ne pourrons avoir raison du terrorisme en nous contentant de geler des comptes bancaires, de partager des renseignements ou de traduire les terroristes en justice. Nombreuses sont celles qui nous disent qu’il faut réagir d’urgence face au désespoir et à la colère des citoyens ordinaires, épris de paix, que les terroristes exploitent sans vergogne. Les gens doivent avoir le sentiment qu’il y a des remèdes pacifiques à leurs griefs légitimes. Leurs libertés fondamentales doivent être respectées par ceux qui combattent les groupes terroristes. Et ils doivent avoir l’impression que les choses évoluent pour le mieux, vers plus de justice, dans leur société. Sinon, ils ne se joindront peut-être pas à nous – comme nous avons besoin qu’ils le fassent – pour condamner et combattre ceux qui usent de moyens violents et illégaux pour parvenir à leurs fins. Chaque fois que nous prenons parti pour les droits de l’homme et les libertés fondamentales, nous prenons parti contre le terrorisme. Chaque fois que nous faisons ce qu’il faut pour régler un différend politique, nous faisons ce qu’il faut pour vaincre le terrorisme. Et chaque fois que nous renforçons l’état de droit, nous affaiblissons d’autant les terroristes. C’est pourquoi tous les États doivent fonder leurs stratégies de lutte contre le terrorisme non seulement sur des mesures coercitives, mais aussi sur d’autres types d’intervention. Ils doivent agir dans leur pays et unir leurs forces, au niveau mondial, pour s’attaquer aux causes profondes du problème, renforcer l’état de droit et faire respecter les droits de l’homme. Les activités que mène l’Organisation des Nations Unies pour régler les conflits, combattre la pauvreté et défendre les droits et libertés des hommes et des femmes du monde entier font donc partie intégrante du combat mondial contre le terrorisme. Tous les États doivent aussi s’acquitter des obligations que leur imposent les décisions contraignantes du Conseil de sécurité en matière de lutte antiterroriste. Et, pour aller plus loin, je crois qu’ils devraient, tous ensemble, adopter une convention globale contre le terrorisme fondée sur une définition du phénomène qui rende absolument inacceptable toute attaque dirigée contre des civils ou des non-combattants. Comme l’indique le rapport récemment publié par le Groupe de personnalités de haut niveau sur les menaces, les défis et le changement, ces éléments devraient être intégrés avec d’autres dans une stratégie globale des Nations Unies pour la lutte contre le terrorisme. Je compte présenter prochainement un projet allant dans ce sens. Que tous les terroristes et tous les groupes terroristes entendent le même message des gouvernements et des organisations internationales du monde entier : nous dénonçons vos crimes. Ensemble, nous vous poursuivrons dans vos derniers retranchements. Et nous édifierons un monde de justice dans lequel le terrorisme n’aura aucun attrait, et aucune place." KOFI ANNAN JUGE INDISPENSABLE UN ENGAGEMENT EXEMPLAIRE DES INSTANCES DIRIGEANTES ET DES AUTORITÉS PUBLIQUES FACE À L'ISLAMOPHOBIE
Ce séminaire, animé par M. Shashi Tharoor, Secrétaire général adjoint à la communication et à l'information, était ouvert aux délégations des États Membres des Nations Unies, aux organisations non gouvernementales accréditées auprès de l'ONU, aux représentants des médias et au public. Il était le deuxième d'une série appelée « Désapprendre l'intolérance », organisée par la Section de l'action éducative de la Division de l'action du Département de l'information des Nations Unies (DPI). Cette série a pour objectif d'examiner différentes manifestations d'intolérance, d'explorer les moyens de promouvoir le respect et la compréhension entre les peuples, et de discuter de la façon dont l'intolérance peut être « désapprise » grâce à l'éducation, l'intégration et l'exemple. Dans son discours d'ouverture du séminaire, M. Annan a identifié huit éléments à prendre en compte dans toute stratégie visant à combattre l'islamophobie: le droit, l'éducation, la limitation du pouvoir et de l'influence des médias qui servent à répandre la haine, l'autorité, une intégration dans les deux sens des cultures et des peuples, le dialogue entre les confessions, la compréhension du contexte politique et le combat contre la violence et le terrorisme menés au nom de l'Islam ou de toute autre religion. « Il faut d'abord désapprendre les stéréotypes qui se sont profondément gravés dans les esprits et aussi dans les médias », a déclaré M. Annan. « L'Islam est souvent perçu comme une tradition monolithique alors qu'elle est aussi variée que les autres et que ses fidèles représentent toutes les nuances qui vont du modernisme au traditionalisme », a-t-il affirmé, estimant que les principes de l'Islam étaient « présentés déformés, en dehors de leur contexte » et que certaines pratiques étaient « isolées comme si elles représentaient ou exprimaient à elles seules une religion pourtant riche et complexe ». « Il faut aussi désapprendre la xénophobie », a ajouté le Secrétaire général. « Parfois la haine s'apprend » et « parfois, on y est amené par les manipulations de dirigeants qui exploitent la peur, l'ignorance et le sentiment d'infériorité », a-t-il dit. Selon lui, « la lutte contre l'islamophobie doit suivre une stratégie qui s'appuie largement sur l'éducation, sur l'ouverture des esprits à l'Islam et à toutes les autres religions et traditions, afin que les mythes et les mensonges soient perçus pour ce qu'ils sont ». Il est « de la plus grande urgence » de s'attacher à la « restauration de la confiance entre les peuples de foi et de culture différentes », a également considéré M. Annan. « Sinon, la discrimination continuera de corrompre de nombreux esprits innocents et la défiance nous empêchera peut-être de réaliser les ambitions de notre programme international de paix, de sécurité et de développement. » Selon le Secrétaire général, « nous n'avons qu'une planète pour vivre » et nous devons ainsi « nous comprendre et nous respecter, vivre en paix les uns aux côtés des autres et illustrer ce que nos traditions respectives nous offrent de meilleur ». L'intolérance est difficile à désapprendre, a observé pour sa part M. Seyyed Hossein Nasr, Professeur au département des études islamiques de l'Université George Washington. Le concept d'islamophobie ne comprend pas seulement la peur mais également la haine, a-t-il expliqué, notant que la plupart des gens qui redoutaient l'Islam savaient très peu de choses à son sujet. L'islamophobie n'existerait cependant pas si les Musulmans n'avaient jamais commis d'erreurs, a-t-il estimé, soulignant l'importance des problèmes de la Palestine, du Cachemire et de la Tchétchénie. M. Nasr a par ailleurs battu en brèche la plupart des préjugés sur lesquels se base l'islamophobie, expliquant que l'Islam ne cherchait pas à dominer l'Occident, et ne s'érigeait pas en ennemi du judaïsme ou du christianisme. Lors des trois panels de discussion (« Perspectives sur l'islamophobie aujourd'hui », « L'éducation pour la tolérance et la compréhension » et « Faire face à l'islamophobie ») organisés au cours de la journée, différents intervenants ont mis en avant une série de propositions, dont la création d'un groupe d'universitaires sous l'égide des Nations Unies, qui serait chargé de rédiger un article sur les points de convergence et de divergence des religions. Le rôle joué par les médias dans la propagation de l'islamophobie a également été fréquemment évoqué, de même que le besoin d'assurer une approche plus équilibrée de l'Islam et l'importance de faire entendre la voix des musulmans. S'agissant des liens faits avec le terrorisme, plusieurs orateurs ont affirmé que l'Islam ne devait pas être jugé sur la base d'actes d'extrémistes et que la communauté musulmane se devait de mettre en valeur les aspects positifs de la foi islamique, en particulier ceux qui concernent la démocratie et le respect des droits de l'homme. « Chacun de nous a plusieurs identités », a relevé à son tour M. Tharoor dans des remarques de clôture. « Parfois, la religion nous oblige à refuser la vérité sur notre propre complexité en oblitérant la multiplicité inhérente à nos identités. » Il a par ailleurs constaté que de nombreux gens ordinaires avaient intériorisé l'islamophobie pour avoir associer l'Islam au terrorisme. Cette culpabilité par association a condamné des millions d'individus pour des actions commises par quelques-uns et avec qui ils ont peu de choses en commun, a souligné l'intervenant. Le terrorisme et la bigoterie ont émergé tous deux de la haine aveugle d'un « autre », qui était de son côté le produit de trois facteurs: la crainte, la fureur et l'incompréhension, des éléments qui doivent être combattus intégralement, a ajouté M. Tharoor. Le Département de l'information a lancé la série « Désapprendre l'intolérance » à mi-parcours de la Décennie internationale pour la culture de paix et la non-violence pour les enfants du monde, proclamée par l'Assemblée générale en 1998. Le premier séminaire, sur le thème « Affronter l'antisémitisme: éducation à la tolérance et à la compréhension », s'est tenu le 21 juin 2004. DISCOURS DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL KOFI ANNAN APPELLE A COMBATTRE LES PREJUGES QUI CREUSENT LA MEFIANCE ENTRE LES PEUPLES, A L’OCCASION DU XXVe FESTIVAL CULTUREL INTERNATIONAL D’ASSILAH (MAROC) On trouvera ci-après le texte du message du Secrétaire général au Symposium « l’Europe, l’Amérique et l’Islam » organisé dans le cadre de la XXVe Edition du festival culturel international d’Assilah au Maroc, lu par le Directeur du Cabinet du Secrétaire général, Iqbal S. Riza, le 3 août 2003:
Permettez-moi également de féliciter les organisateurs d’avoir choisi comme thème de ce symposium « L’Europe, l’Amérique et l’Islam ». Je soutiens de tout cœur leurs efforts en faveur du rapprochement entre les peuples. Nous devons combattre l’ignorance, les préjugés et les malentendus qui creusent la méfiance entre les peuples et les cultures. Nous devons condamner vigoureusement tous ceux qui invoquent la religion pour justifier des actes violents, comme nous devons rejeter l’amalgame qui est parfois fait entre l’Islam et le terrorisme. Nos sociétés sont trop interdépendantes pour que les relations entre les peuples aient d’autres fondements que la tolérance, le respect de la dignité de chacun, et le dialogue de toutes les cultures. L’Organisation des Nations Unies elle-même est née de la conviction que le dialogue peut l’emporter sur la discorde, que la diversité est un atout et que les peuples du monde sont bien plus unis par leur destin que séparés par leurs identités. De tout temps, les mondes musulman et occidental se sont enrichis au contact l’un de l’autre. Face aux grands problèmes de notre temps, ce besoin de contacts, d’échanges et de dialogue est plus vital que jamais. Je vous souhaite un symposium fructueux et attends avec intérêt les résultats de votre réflexion." Terrorisme : le Conseil de sécurité renforce le dispositif contre Al-Qaida et les Talibans Tous
les Etats Membres seront tenus de prendre des sanctions
contre les personnes qui figurent sur la « Liste
» des membres d'Al-Qaida et des Talibans, et
qui leur prêtent assistance, a décidé
le 29 juillet dernier le Conseil de sécurité,
qui prévoit le gel des avoirs financiers, l'interdiction
de voyager, et l'interdiction de vendre des armes
ou des avions. Documents ONU : Lectures: Que dit l'islam à propos du terrorisme? L'islam,
qui est une religion de miséricorde, ne permet
pas le terrorisme. Dans le Coran, Dieu a dit: À
la lumière de ces textes et d'autres textes
islamiques, le fait de provoquer la terreur dans les
coeurs de civils sans défense, la destruction
massive d'édifices et de propriétés,
le bombardement et la mutilation d'hommes, de femmes
et d'enfants innocents sont tous des actes interdits
et détestables aux yeux de l'islam et des musulmans.
Les musulmans pratiquent une religion basée
sur la paix, la miséricorde et le pardon, et
la vaste majorité d'entre eux n'ont rien à
voir avec les violents événements que
certains associent aux musulmans. Si un musulman commettait
un acte de terrorisme, il serait coupable d'avoir
violé les lois de l'islam. Et aussi... "L’Islam face à la violence, au terrorisme et à la guerre" Par Abdelmajid CHARFI L’Islam
est-il la religion de la paix, est-il même une
religion de la paix, comme se le demandent beaucoup
de Musulmans et de non-musulmans ? Ou bien, au contraire,
est-il une religion de la violence et de la terreur,
comme le présentent souvent de façon
caricaturale les représentants, entre autres,
de l’extrême-droite religieuse américaine,
et beaucoup de médias occidentaux, particulièrement
depuis un certain Onze septembre, et même une
certaine école orientaliste censée mieux
connaître l’Islam(1)?
>>> "Les Assassins" Par Bernard Lewis. L'édition originale en anglais date de 1967. La première édition en français est parue en 1982 chez Berger-Levrault. Cet ouvrage a été édité chez Complexe pour la première fois en 1984. Dans ce petit classique, dont une excellente traduction en français a été rééditée en 2001 [1], Bernard Lewis, éminent historien britannique du monde musulman, y livre une chronique politique et militaire de la secte ismaélienne des Assassins qui, au XIe siècle, inventa le terrorisme dans l'espoir, finalement vain, de renverser l'empire sunnite des sultans turcs. L'auteur reconstruit cette histoire en termes réalistes, c'est-à-dire en s'intéressant avant tout, et sans sentimentalisme, aux luttes pour le pouvoir dans leurs aspects polémologiques, territoriaux et militaires. Elle est impeccablement rendue dans une langue qui parvient à allier simplicité d'expression, sens de la synthèse et souci du détail. >>> "Terrorisme
et démocratie" |
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