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ACTIVITES
DU SECRETAIRE GENERAL
2005
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Message
du Secrétaire général à l’occasion
de la Journée des droits de l’homme
Le
10 décembre 2005
Interdits depuis 57 ans par la Déclaration universelle des
droits de l’homme, la torture et les peines et traitements cruels,
inhumains ou dégradants demeurent bien trop répandus.
Récemment, certains pays se sont mis à déroger
à l’interdiction de torturer en invoquant ce qu’ils
considèrent comme les impératifs de leur sécurité
nationale. C’est extrêmement inquiétant.
Soyons clairs : la torture ne saurait être un moyen de lutter
contre le terrorisme, puisqu’elle est elle-même un instrument
de terreur.
L’interdiction de torturer est bien établie en droit
international. Elle est sans équivoque et absolue. Elle s’impose
à tous les États, dans tous les territoires sur lesquels
ils exercent leur juridiction ou un contrôle effectif. Elle
s’applique dans tous les cas, en temps de guerre comme en temps
de paix. Et elle n’est pas fonction du vocable utilisé
: tout traitement cruel ou inhumain est inacceptable et illégal,
quel que soit le nom que l’on veut lui donner.
Les États doivent respecter cette interdiction et lutter vigoureusement
pour que ceux qui l’enfreignent soient punis. Ni ceux qui conçoivent
ou autorisent des actes de torture, quels qu’ils soient, ni
ceux qui les commettent, ne doivent jouir de l’impunité.
Les États doivent aussi se garder de donner la moindre légitimité
à des actes de torture commis par d’autres. Ce qui signifie
que nul ne doit être livré à un État tiers
s’il risque d’être soumis à la torture.
La communauté internationale doit s’élever avec
force, et d’une seule voix, contre toutes les formes de torture.
Aujourd’hui, je demande à tous les États qui ne
l’ont pas encore fait de ratifier la Convention contre la torture
et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants,
ainsi que le Protocole s’y rapportant. Et j’engage instamment
tous les États à permettre au Rapporteur spécial
sur la torture de communiquer avec les détenus placés
sous leur contrôle : c’est absolument essentiel pour ces
personnes, que l’isolement expose à toutes sortes d’abus.
Ensemble, nous devons aider les détenus qui ont été
maltraités, tout comme les victimes de la torture, à
se faire entendre et à obtenir réparation.
L’humanité fait face aujourd’hui à de graves
problèmes. Le terrorisme est une menace réelle et immédiate.
Mais la peur des terroristes ne peut justifier que l’on adopte
leurs méthodes. Fermer les yeux sur la situation de tous ceux
qui, dans nos sociétés, sont soumis à des traitements
cruels et inhumains n’est pas acceptable non plus, d’autant
plus que ce sont souvent les plus vulnérables qui sont touchés
: les détenus, les marginaux, les démunis. Chaque fois
que ce fléau se manifeste, nous devons le combattre en réaffirmant
les valeurs fondamentales de l’humanité.
La Journée des droits de l’homme est l’occasion
pour nous de réaffirmer notre attachement aux principes énoncés
dans la Déclaration universelle des droits de l’homme
et notre volonté de faire disparaître la torture à
jamais.
1er
décembre, Journée mondiale de la lutte contre le sida:
" Stopper
la propagation du sida est une condition indispensable pour atteindre
la plupart des autres objectifs du Millénaire",
déclare Kofi Annan
Le
sida a fait plus de 25 millions de morts depuis 1981, indique le rapport
annuel d'ONUSIDA (Lire
le rapport)

TRIBUNE
L’ONU
et l’Internet
par
Kofi A. Annan
En novembre
se tiendra à Tunis le Sommet mondial sur la société
de l’information. Son objectif principal sera de donner aux
pays pauvres les moyens de tirer tout le parti possible des nouvelles
technologies de l’information et des communications –
surtout l’Internet – pour leur développement économique
et social. Mais à mesure que le rendez-vous approche, les idées
fausses se multiplient.
Une rumeur, par exemple, dont le succès ne laisse pas d’inquiéter
est que l’ONU a l’intention de s’emparer de l’Internet,
d’y faire la police, bref de le contrôler d’une
manière ou d’une autre. Rien n’est moins vrai.
Loin de chercher à faire main basse sur l’Internet, l’ONU
veut lui garantir une portée mondiale. C’est tout le
but du Sommet de novembre.
Il faut s’attendre que la défense de l’Internet
suscite des réactions passionnées. Le réseau
mondial n’existe que depuis peu de temps mais, déjà,
il est devenu un vecteur de changement spectaculaire, voire révolutionnaire,
dans des domaines qui vont de la santé à la politique
en passant par l’enseignement et le journalisme. Dans nos propres
activités de développement, nous n’avons encore
fait qu’entrevoir les avantages qu’offre l’Internet
: des secours plus rapides et mieux coordonnés pour les victimes
de catastrophes; une information médicale qui peut sauver des
vies pour les régions pauvres et reculées; et des sources
d’information non censurée et une voie pour faire entendre
les doléances et appeler à l’aide pour ceux qui
vivent sous le joug de gouvernements répressifs.
Comment, en revanche, ne pas craindre que l’Internet ne serve
à fomenter le terrorisme ou à aider les terroristes,
à répandre la pornographie, à faciliter les trafics
ou à glorifier le nazisme ou d’autres idéologies
haineuses ? Mais censurer l’espace cybernétique, porter
atteinte à ses fondements techniques, ou le soumettre à
un contrôle gouvernemental strict reviendrait à se priver
d’un des plus puissants instruments de progrès qui s’offrent
à nous. Défendre l’Internet, c’est défendre
la liberté.
Jusqu’à présent, certaines fonctions de l’Internet,
comme le courrier non sollicité et la cybercriminalité,
n’ont été gouvernées que de manière
dispersée et fragmentaire, tandis que l’infrastructure
du réseau mondial était gérée de façon
officieuse mais efficace par diverses institutions agissant en collaboration,
sous l’impulsion du secteur privé, de la société
civile et des milieux universitaires et techniques. Mais les pays
en développement ont du mal à suivre et ils ont le sentiment
d’être tenus à l’écart.
Les États-Unis méritent notre gratitude pour avoir développé
l’Internet et l’avoir mis à la disposition du reste
de la planète. Pour des raisons qui tiennent à l’histoire
du réseau mondial, ils détiennent l’autorité
suprême sur certaines de ses ressources de base et des voix
se font entendre pour réclamer que cette autorité soit
partagée avec la communauté internationale. Les États-Unis,
qui se sont acquittés de manière équitable et
honorable de leurs fonctions de contrôle, reconnaissent eux-mêmes
la légitimité des préoccupations d’autres
gouvernements en matière de politique publique et de souveraineté
et estiment qu’il faut continuer à chercher les moyens
d’internationaliser davantage les mécanismes de gouvernance.
Si le changement s’impose, ce n’est pas en raison du passé
ni même du présent, mais c’est surtout en prévision
de l’avenir : nous savons que l’Internet connaîtra
une croissance spectaculaire dans les pays en développement.
Nous assistons actuellement à l’amorce d’un dialogue
entre deux cultures différentes : celle de la communauté
non gouvernementale des internautes où, traditionnellement,
les décisions se prennent à la base et de façon
informelle et celle du monde plus officiel et structuré des
gouvernements et organisations intergouvernementales. L’Internet
revêt de nos jours une telle importance pour l’économie
et l’administration de presque tous les pays qu’il serait
naïf de s’attendre à ce que les gouvernements s’en
désintéressent, surtout quand on sait que son exploitation
à des fins de service public se généralisera
dans des domaines tels que l’enseignement et les soins de santé.
Les autorités publiques doivent se doter d’une politique
de l’Internet bien pensée et coordonner les initiatives
entre gouvernements et avec les internautes eux-mêmes. Mais
elles ne peuvent pas fixer les règles toutes seules. Elles
doivent apprendre à collaborer avec d’autres parties
intéressées que les Etats. Ce sont, après tout,
ces autres partenaires qui ont joué un rôle capital dans
la mise en place et la coordination de l’Internet, et qui resteront
le moteur de son expansion et de son évolution.
Le débat sur la gouvernance de l’Internet s’est
enlisé il y a deux ans au sommet de Genève. Pour le
relancer et à la demande des États Membres de l’ONU,
j’ai constitué le Groupe de travail sur la gouvernance
de l’Internet. Celui-ci a présenté ses conclusions
dans un rapport où s’expriment les vues de ses membres
et non celles de l’ONU. Il a proposé de créer
un « nouvel espace de dialogue », une instance sans pouvoir
de décision mais où tous les partenaires pourraient
échanger informations et recommandations sur les meilleures
solutions et examiner ensemble les questions difficiles.
En ce qui concerne les futurs mécanismes de contrôle,
le Groupe de travail a proposé diverses formules. Elles prévoient
la participation plus ou moins importante des gouvernements et de
l’ONU, mais aucune n’envisage que cette dernière
se substitue aux organes techniques qui assurent actuellement le fonctionnement
de l’Internet ni que l’on crée un nouvel organisme
des Nations Unies. Quelques-unes supposent même que l’ONU
serait complètement laissée à l’écart.
Toutes partent du principe qu’il vaut mieux laisser aux organes
techniques le soin de gérer le réseau mondial au jour
le jour, ne serait-ce que pour le protéger des aléas
de la politique. Les États Membres de l’ONU examinent
actuellement ces propositions, parmi d’autres.
Tout le monde convient que les partenaires internationaux doivent
participer davantage au débat sur la gouvernance de l’Internet.
Là où il y a désaccord, c’est sur les moyens
d’y parvenir. La crainte de voir les Nations Unies faire main
basse sur l’Internet est dénuée de fondement.
Certains seraient trop contents de trouver un nouveau cheval de bataille
pour attaquer l’ONU. Qu’ils sachent que ce cheval-là
ne les mènera pas loin. Tout ce que veut l’ONU, c’est
promouvoir le dialogue et un consensus entre les parties pour que
tous les peuples puissent un jour bénéficier des avantages
de l’Internet.
Les réunions préparatoires du Sommet ont réaffirmé
le droit « de chercher, de recevoir et de répandre, sans
considération de frontières, les informations et des
idées par quelque moyen d’expression que ce soit ».
J’invite instamment toutes les parties à se rendre à
Tunis avec l’intention de réduire la fracture numérique,
d’édifier une société de l’information
ouverte et sans exclusive qui rendra tous les peuples plus riches
et plus autonomes et de transposer dans le XXIe siècle le remarquable
présent que nous a légué le siècle dernier.
Texte
traduit de l’anglais, rédigé par le Secrétaire
général de l’ONU.
Message
du Secrétaire général des nations unies pour
la Journée des Nations Unies
Le
24 octobre 2005
Chers
amis,
En
ce jour du soixantième anniversaire de l’Organisation
des Nations Unies, il est clair que notre monde est bien différent
de celui qu’habitaient ses fondateurs.
L’ONU doit être le reflet de son temps et s’adapter
aux problèmes qu’il présente, en particulier le
fait que des centaines de millions de personnes sont complètement
démunies face à la faim, aux maladies et à la
dégradation de l’environnement alors que le monde a les
moyens de leur venir en aide.
Le mois dernier, les dirigeants politiques du monde entier se sont
réunis au Siège de l’ONU, à New York, pour
essayer de se mettre d’accord sur une action commune qui permettrait
de régler ces problèmes.
Les dirigeants des pays riches autant que des pays pauvres se sont
engagés à adopter des politiques qui, si elles sont
intégralement appliquées, pourraient faire reculer la
faim et la pauvreté de moitié au cours des 10 prochaines
années.
Ils ont décidé de créer de nouveaux organes de
l’ONU en vue de promouvoir le respect des droits de l’homme
et de consolider la paix dans les pays que des conflits ont déchirés.
Ils se sont engagés à combattre le terrorisme sous toutes
ses formes et à intervenir collectivement, en cas de besoin,
pour sauver les populations menacées de génocide ou
d’autres crimes odieux.
Ils ont aussi décidé de réformer en profondeur
le Secrétariat de l’ONU.
Mais en ce qui concerne les changements climatiques et la réforme
du Conseil de sécurité, ils n’ont fait que des
déclarations sans vigueur. Et en ce qui concerne la prolifération
et le désarmement nucléaires, ils n’ont absolument
pas pu se mettre d’accord.
Ils nous ont donc laissé beaucoup de travail. En ce soixantième
anniversaire de notre indispensable institution, je vous promets de
faire ma part. Et je sais que vous ferez la vôtre, en véritables
citoyens du monde.
Message
du Secrétaire général à l’occasion
de la Journée internationale de l’élimination de
la pauvreté
Le 17 octobre 2005
La
pauvreté a des effets dévastateurs sur les familles,
les communautés et les pays. Elle engendre instabilité
et troubles politiques et alimente les conflits. Aujourd’hui,
quelque 800 millions de personnes souffrent de la faim et de malnutrition
chronique. Chaque jour, 30 000 enfants meurent de causes associées
directement à la pauvreté.
Ces chiffres confèrent un caractère impérieux
au thème de la Journée internationale de l’élimination
de la pauvreté de cette année, à savoir «
Réaliser les objectifs du Millénaire pour le développement
: donner les moyens aux plus pauvres parmi les pauvres ». Ce
thème met en relief le fait que l’on ne peut réduire
la pauvreté sans des actions en faveur des plus pauvres parmi
les pauvres, notamment des personnes souvent exclues du processus
de développement. C’est seulement en établissant
des partenariats avec ces personnes et en prenant des mesures pour
remédier aux inégalités qu’on pourra éliminer
la pauvreté sous tous ses aspects.
Adoptés par 189 chefs d’État et de gouvernement
en 2000, la Déclaration du Millénaire et les objectifs
du Millénaire pour le développement représentent
un partenariat entre pays riches et pays pauvres en vue de lutter
contre la pauvreté extrême et d’améliorer
de manière tangible et mesurable les conditions de vie de millions
d’hommes, de femmes et d’enfants du monde entier. Ces
objectifs constitue un cadre central pour promouvoir le développement
humain, qu’il s’agisse de veiller à ce que tous
les enfants bénéficient de l’enseignement primaire,
de réduire la mortalité infantile et maternelle et de
lutter contre la propagation du VIH/sida et d’autres grandes
maladies, ou qu’il s’agisse de l’objectif prioritaire
consistant à réduire de moitié le nombre de personnes
souffrant de la pauvreté extrême et de la faim d’ici
à 2015.
En septembre 2005, les dirigeants du monde entier se sont de nouveau
réunis pour apporter un soutien unanime aux objectifs du Millénaire
pour le développement ainsi qu’au programme de développement
de l’ONU convenu lors des conférences et sommets organisés
sous l’égide des Nations Unies. Les dirigeants sont convenus
d’adopter, d’ici à 2006, des stratégies
globales de développement national pour mettre en œuvre
le programme de développement. Les pays développés
ont décidé d’appuyer les efforts entrepris par
les pays en développement en augmentant leur aide au développement,
en appuyant les accords sur l’allégement de la dette
de certains des pays les plus pauvres du monde et en adoptant des
mesures propres à permettre au commerce de jouer le rôle
qui lui revient dans la promotion de la croissance économique,
de l’emploi et du développement au bénéfice
de tous.
Ces engagements représentent une avancée dans la lutte
contre la pauvreté, des promesses que nous devons ensemble
traduire en mesures concrètes, en particulier pour les populations
les plus pauvres du monde. En cette Journée internationale
de l’élimination de la pauvreté, engageons-nous
résolument à maintenir l’élan ainsi donné.
Œuvrons de concert, riches et pauvres, pour offrir à tous
les êtres humains de meilleures possibilités d’améliorer
leurs conditions de vie.
Kofi
A. Annan

Tribune
libre
Un verre
au moins à moitié plein
Par Kofi
A. Annan
On a dit du document final adopté vendredi dernier à
l’issue du Sommet mondial des Nations Unies qu’il était
« décevant » et que le texte avait été
« dilué ». C’est partiellement vrai, et je
l’ai dit mercredi aux dirigeants des pays du monde. Mais dans
l’ensemble, il n’en demeure pas moins l’expression
d’une remarquable unité mondiale sur toute une série
de questions.
C’est une bonne nouvelle, après des semaines de négociations
tendues. Mardi matin, il restait encore 27 questions non réglées
et 140 points de désaccord. Après une dernière
salve d’« à prendre ou à laisser »,
le document a pu être bouclé, mais si tard dans la journée
que les journalistes et les commentateurs n’ont guère
eu le temps d’analyser le texte en entier avant de se prononcer.
À présent, ils reviennent sur beaucoup de leurs jugements,
ou y apportent des nuances, et ce n’est pas les critiquer que
de le dire.
Loin de moi, d’ailleurs, l’idée de les critiquer,
car la plupart d’entre eux ont été plein d’égards
pour moi. Ils ont attribué l’échec supposé
du Sommet aux États Membres, lesquels n’auraient pas
embrassé les ambitieuses réformes que j’avais
proposées. C’est un malentendu que je me dois de lever.
En mars, quand j’ai présenté un programme pour
le sommet, j’ai délibérément placé
la barre très haut, sachant que dans les négociations
internationales, on n’obtient jamais tout ce que l’on
demande. J’ai aussi présenté les réformes
comme un tout, non pas parce que je m’attendais à ce
qu’elles soient adoptées telles quelles, mais parce qu’il
y avait plus de chance que des progrès soient accomplis sur
l’ensemble que sur chacune des parties, les États devant,
à mon sens, être plus disposés à surmonter
leurs éventuelles réserves sur certaines questions s’ils
constataient qu’une attention sérieuse était consacrée
à celles qui leur paraissaient prioritaires.
C’est exactement ce qui s’est produit.
[Le document d’aujourd’hui contient des engagements fermes
et sans équivoque, des donateurs aussi bien que des pays en
développement, sur les mesures concrètes qui seront
prises pour atteindre, d’ici à 2015, les objectifs de
développement dont il a été convenu au Sommet
du Millénaire, il y a cinq ans, et que le Président
Bush a pour ainsi dire scellés en les entérinant personnellement
dans le discours qu’il a donné mercredi.]
Le document d’aujourd’hui contient des engagements fermes
et sans équivoque, des donateurs aussi bien que des pays en
développement, sur les mesures concrètes qui seront
prises pour atteindre, d’ici à 2015, les objectifs de
développement dont il a été convenu au Sommet
du Millénaire, il y a cinq ans. A présent que le Président
Bush les a clairement approuvés personnellement dans le discours
qu’il a donné mercredi dernier lors du Sommet, ils peuvent
être considérés comme ayant été
incontestablement entérinés par la communauté
internationale.
Le
document énonce des décisions visant à renforcer
les capacités de maintien de la paix, de rétablissement
de la paix et de consolidation de la paix de l’ONU, et contient
notamment des dispositions précises relatives à la création
d’une commission de la consolidation de la paix qui veillera
à ce que les efforts que déploie la communauté
internationale pour instaurer une paix durable dans les pays déchirés
par la guerre soient plus cohérents et s’inscrivent dans
le long terme.
Il y est décidé que le Haut Commissariat aux droits
de l’homme sera renforcé et que son budget sera doublé,
qu’il sera créé un système mondial d’alerte
rapide en cas de catastrophe naturelle, que des ressources supplémentaires
seront mobilisées pour la lutte contre le VIH/sida, la tuberculose
et le paludisme et que des améliorations seront apportées
au Fonds central autorenouvelable d’urgence des Nations Unies
pour qu’à l’avenir, les secours d’urgence
arrivent à coup sûr, et plus vite.
Contrairement à ce que j’avais recommandé, il
ne définit pas clairement le terrorisme. Mais il contient,
pour la première fois dans l’histoire des Nations Unies,
une condamnation catégorique, par tous les États Membres,
du terrorisme « sous toutes ses formes et dans toutes ses manifestations,
quels qu’en soient les auteurs, où qu’il frappe
et quelle que soit la cause qu’il prétend servir »,
et un appel très ferme à la mise au point d’une
convention générale sur le terrorisme dans un délai
de 12 mois, ainsi qu’un accord sur l’élaboration
d’une stratégie antiterroriste mondiale propre à
affaiblir les terroristes tout en fortifiant la communauté
internationale.
Ce qui me touche le plus est, je crois, le fait que tous les membres
de l’ONU aient clairement reconnu l’existence d’une
responsabilité collective de protéger les populations
civiles menacées de génocide, de crimes de guerre, de
nettoyage ethnique ou de crimes contre l’humanité, et
se soient engagés à s’acquitter de cette responsabilité
par l’intermédiaire du Conseil de sécurité
lorsque les autorités locales ne sont manifestement pas à
la hauteur. C’est en 1998 que j’ai pour la première
fois préconisé cette façon de procéder
; après nos échecs en Bosnie et au Rwanda, le principe
de la responsabilité de protéger me paraissait incontournable.
Je suis heureux que l’idée soit finalement acceptée
et j’espère que, le moment venu, les mots feront place
à l’action.
Ma proposition de création d’un nouveau Conseil des droits
de l’homme a aussi été acceptée, sans toutefois
les modalités dont j’espérais qu’elles feraient
de ce nouvel organe un instrument bien plus efficace que l’actuelle
Commission. C’est à l’Assemblée générale
qu’il appartiendra de définir ces modalités au
cours de l’année à venir. Les nations attachées
aux droits de l’homme devront s’atteler à la tâche
pour veiller à ce que le Conseil représente plus qu’un
changement cosmétique.
Les États Membres ont accepté la plupart des propositions
détaillées que j’avais faites au sujet de la réforme
de la gestion. Très bientôt, des contrôles et des
audits plus indépendants et plus rigoureux de nos activités
devraient être institués, les tâches qui n’ont
plus de raison d’être devraient être éliminées
et certains fonctionnaires devraient quitter l’Organisation
dans le cadre d’un programme de départs négociés
– ce qui nous permettra de nous concentrer sur les priorités
d’aujourd’hui et de recruter du personnel capable de s’acquitter
des fonctions correspondantes – et les règles régissant
l’utilisation de nos ressources financières et humaines
devraient être profondément remaniées.
Toutefois, les États Membres se sont abstenus de donner au
Secrétaire général de l’Organisation les
pouvoirs exécutifs étendus qui nous seront nécessaires,
à moi et à mes successeurs, pour exécuter les
opérations de plus en plus diverses dont l’ONU est chargée.
J’avais aussi suggéré une réforme du Conseil
de sécurité qui aurait rendu cet organe plus représentatif
des réalités actuelles. Ici aussi, il existe un accord
de principe, mais ce sont comme toujours les détails qui nous
ont fait achopper. Le document final prévoit que les nations
continueront de rechercher une solution et qu’un nouveau bilan
sera dressé à la fin de 2005.
La lacune la plus grave est l’absence de décision sur
la prolifération des armes nucléaires qui, étant
donné la possibilité qu’elles tombent entre les
mains de terroristes, représente à n’en pas douter
le danger le plus grave dans l’immédiat. Certains États
auraient voulu donner la priorité absolue à la non-prolifération,
tandis que d’autres voulaient que le renforcement du Traité
sur la non-prolifération passe par de nouvelles mesures de
désarmement. C’est ainsi que s’est répété
l’échec qu’avait connu en mai la conférence
d’examen du Traité.
Chacun conviendra que la question est trop importante pour que nous
nous laissions tenir en échec par l’indécision.
J’exhorte tous les dirigeants, quel que soit le camp auquel
ils appartiennent, à faire preuve de plus de sagesse politique
et à s’efforcer de toute urgence de trouver un terrain
d’entente. À défaut, ce sommet risque de ne rester
dans les annales de l’histoire que pour ce qu’il n’aura
pas permis de faire : arrêter la désintégration
du régime de non-prolifération. Tout ce qui y aura été
accompli de réellement utile semblera alors, effectivement,
bien peu de chose.
*Kofi
A. Annan est le Secrétaire général de l’Organisation
des Nations Unies.
Tribune
libre
Appel à l’action en faveur de la sécurité
alimentaire en Afrique
Par Kofi Annan
Mardi dernier, à Zinder, dans une des
principales régions agricoles du Niger, j’ai rencontré
une jeune femme de 23 ans du nom de Sueba. Pour obtenir des secours
alimentaires, elle avait parcouru plus de 75 kilomètres avec
dans les bras sa fille, Zulayden, âgée de deux ans. Sueba
avait déjà perdu deux enfants, morts de faim, et celle
qui lui restait ne pesait que 60 % du poids normal d’un enfant
de son âge. Elle craignait qu’au pire Zulayden ne survive
pas et qu’au mieux, l’enfant connaisse toute sa vie la
faim et les privations qu’elle-même ne connaissait que
trop bien. Avec dans les yeux un regard que je n’oublierai jamais,
elle implorait le monde d’entendre son appel à l’aide,
non seulement ce jour là mais aussi dans les mois et les années
à venir.
Le peuple et le Gouvernement du Niger traversent
une multitude d’épreuves redoutables, dont la faim, une
sécheresse persistante, l’avancée de la désertification,
des invasions de criquets pèlerins et des marchés régionaux
en déconfiture. Des organismes publics et des associations
de la société civile se mobilisent à présent
pour venir en aide aux plus nécessiteux, en particulier les
enfants. La détresse dont j’ai été témoin
au Niger est profonde, mais certains signes montrent que le pays devrait
être capable de surmonter cette crise, et de nous apprendre
des choses à tous.
Quoique tardivement, le reste du monde vole
au secours du Niger. Mais le même spectre - celui d’une
famine survenant dans un climat généralisé d’insécurité
alimentaire - hante près de 20 millions de personnes dans d’autres
régions du Sahel, dans le sud du Soudan, en Éthiopie,
en Érythrée, en Somalie et en Afrique australe. Si nous
agissons sans attendre, ce spectre pourra être conjuré.
Selon le Programme alimentaire mondial, un
Africain sur trois souffre de malnutrition. Chaque année, des
centaines de milliers d’enfants africains, affaiblis par la
malnutrition et la faim, connaissent une mort qui aurait pu être
évitée.
Tant l’activité humaine que la
nature entrent en jeu. Au Sahel, la désertification et la dégradation
de l’environnement privent la population de terres cultivables
et d’eau potable, la vouant ainsi à la famine. La médiocrité
des performances des marchés régionaux fait que de nombreux
ménages pauvres n’ont pas les moyens de s’alimenter.
La sécheresse qui a suivi les invasions de criquets de l’an
dernier a été un véritable désastre pour
la population de cette région aride et fragilisée.
La pauvreté, annonciatrice de la faim,
est l’éternelle toile de fonds de toute cette détresse.
Ce n’est pas un hasard que le Sahel occidental, terre d’élection
de la faim, est une des régions les plus pauvres et les plus
inaccessibles de la planète. Et la faim, à son tour,
fait souvent le lit de l’instabilité sociale, des émigrations
massives, de la maladie et de la violence. Homère l’a
bien dit il y a des siècles : « la faim est pleine d’insolence
».
Nous devons chercher à régler
le problème de la sécurité alimentaire à
ses premiers stades, avant que la souffrance ne gagne du terrain et
que secourir les plus vulnérables ne devienne une entreprise
très coûteuse. S’il n’y a ni remède
miracle ni solution unique à la disette, il a tout de même
beaucoup de choses à faire.
Premièrement, il nous faut mieux analyser
le système de l’alerte rapide. Dans les premiers temps,
au Niger, la communauté internationale n’a pas su faire
la différence entre une situation classique – un pays
pauvre qui se débat pour subvenir aux besoins de sa population
– à une véritable situation d’urgence. Certains
des remèdes préconisés n’étaient
donc pas ceux que dictaient des circonstances devenues dramatiques.
Deuxièmement, il faut que suffisamment
de fonds soient disponibles à l’avance pour que les gouvernements,
les organismes des Nations Unies et les organisations non gouvernementales
puissent se préparer à intervenir et déployer
plus rapidement du personnel. Une des principales réformes
que je souhaite voir examinée au sommet mondial qui se tiendra
le mois prochain consisterait à décupler les réserves
disponibles dans le Fonds de secours des Nations Unies pour que les
organismes d’aide des Nations Unies puissent lancer rapidement
des opérations de secours.
Troisièmement, nous devons privilégier
la prévention. L’allégement de la dette, l’accroissement
de l’aide et des réformes des régimes commerciaux
régionaux et internationaux allant dans un sens favorable aux
pauvres sont autant d’éléments propres à
favoriser le développement de la production agricole locale.
En développant l’agriculture irriguée, on pourrait
également réduire la dépendance à l’égard
de pluies irrégulières et améliorer la production
alimentaire. De manière générale, il est grand
temps d’exploiter les progrès scientifiques et l’expérience
acquise en Asie et ailleurs afin d’amorcer une révolution
verte en Afrique. On le sait, prévenir revient moins cher que
guérir. Mais lorsqu’il est trop tard, lorsqu’une
crise s’est déjà déclarée, il ne
peut plus être question de subordonner l’octroi de l’aide
d’urgence qui permettra de sauver des vies à un quelconque
objectif d’autonomie pour l’avenir. C’est aux êtres
humains, et non aux grands principes, qu’il faut penser d’abord.
Quatrièmement, nous devons consolider
les structures de la région et exploiter ses points forts.
La Communauté économique des États de l’Afrique
de l’Ouest (CEDEAO) se montre de plus en plus apte à
faire face aux problèmes humanitaires et aux menaces qui pèsent
sur la paix et la sécurité dans la région. Le
Nouveau Partenariat pour le développement de l’Afrique
(NEPAD) gagne en importance en tant que cadre de coopération
entre les pays d’Afrique et les donateurs bilatéraux
et multilatéraux. Tous deux méritent de bénéficier
d’un soutien international accru.
Cinquièmement, chacun doit accepter
sa part de responsabilité au lieu de rejeter la faute sur autrui.
Tous les intéressés – les gouvernements de la
région, les donateurs, les institutions financières
internationales et les organismes d’aide – ont une part
de responsabilité dans la crise. Nous avons tous mis trop de
temps à réagir : à comprendre la situation, à
déployer du personnel, à dégager des ressources.
Le défi que nous devons collectivement
relever à ce stade, c’est d’éviter que des
populations ne souffrent inutilement, de nous doter des moyens de
réagir plus vite et de renforcer les mécanismes d’adaptation
et de survie des populations locales pour que les problèmes
de sécurité alimentaire soient abordés comme
un continuum, de façon globale et à long terme.
Le Sahel ne pourra se développer, prospérer
ou être véritablement libre tant que ses habitants auront
le ventre creux. Ni Sueba, ni Zulayden, ni des millions d’autres
Sahéliens ne seront vraiment libres tant que la pauvreté
continuera d’ébrécher leur dignité d’êtres
humains. Pour eux, et pour les générations futures,
nous devons sans plus attendre mettre fin à la calamité
qu’est la faim en Afrique.

Palestine:
Message de M. Kofi Anann adressé à la Conférence internationale de
la société civile à l'appui de la paix au Moyen-Orient, tenue à Paris
les 12 et 13 juillet
Conférence
du Secrétaire général sur les objectifs du Millénaire pour le développement,
Cathédrale Saint-Paul à Londres
Sommet
de l'Union africaine : Kofi Annan annonce la création d'un Fonds pour
la démocratie
Les
relations USA-ONU
Kofi
Annan déplore que l'ONU soit confrontée, une nouvelle
fois, à une menace du Congrès américain
20
juin 2005-Journée mondiale des réfugiés-Message du Secrétaire général
TRIBUNE
L’ONU
en Iraq :
beaucoup
de travail, peu de bruit
Par
Kofi Annan, Secrétaire général des Nations Unies
La
semaine prochaine, mercredi 22 juin, à Bruxelles, je me joindrai
aux représentants de plus de 80 gouvernements et institutions
réunis pour clamer haut et fort qu’ils soutiennent la
transition politique en Iraq.
Il y a un an, dans sa résolution 1546, le Conseil de sécurité
de l’ONU a fixé le calendrier que l’Iraq, avec
l’assistance des Nations Unies et de la communauté internationale,
était censé respecter. La conférence de Bruxelles
sera l’occasion de redire aux Iraquiens que la communauté
internationale est à leurs côtés alors qu’ils
luttent courageusement pour rebâtir leur pays, et que nous sommes
conscients de tous les progrès qu’ils ont accomplis malgré
toutes les difficultés qu’ils rencontrent.
Les élections ont eu lieu en janvier, comme prévu. Trois
mois plus tard, l’Assemblée nationale de transition a
confirmé le Gouvernement de transition. Les partis dominants
ont entamé des négociations sans exclusive dont un des
thèmes principaux est l’ouverture aux Arabes sunnites.
Beaucoup de groupes et de partis sunnites font désormais le
nécessaire pour avoir réellement voix au chapitre dans
le processus de rédaction de la nouvelle constitution et pouvoir
participer pleinement au référendum d’approbation
du texte, ainsi qu’aux élections prévues pour
décembre.
À ce propos, un accord qui prévoit l’expansion
du comité de rédaction de la constitution pour que les
Arabes sunnites puissent y être dûment représentés
a été conclu cette semaine/la semaine dernière
avec l’aide de l’ONU. Il devrait encourager tous les Iraquiens
à poursuivre la rédaction du projet de constitution
de sorte que la date limite du 15 août soit respectée.
Il y aura très certainement des retards frustrants et de pénibles
accidents de parcours. Mais ne perdons pas de vue le fait que partout
en Iraq, aujourd’hui, les Iraquiens débattent de pratiquement
tous les aspects de leur avenir politique.
Des Iraquiens d’horizons très divers ont instamment demandé
à l’ONU de les aider à poursuivre sur leur lancée,
comme lors des élections de janvier. Ils nous ont demandé
de les aider à élaborer la constitution, à préparer
le référendum d’octobre et les élections
de décembre, et à coordonner l’assistance fournie
pour la transition politique, ainsi que pour la reconstruction et
le développement.
Nous avons répondu promptement et résolument à
leur appel. Nous avons créé un mécanisme de coordination
de l’aide à Bagdad, mis en place un Groupe de l’appui
constitutionnel et instauré une collaboration active avec le
Comité constitutionnel de l’Assemblée. Aujourd’hui,
plus de 800 membres du personnel des Nations Unies recrutés
sur les plans local et international, dont des agents de sécurité,
sont en poste en Iraq dans le cadre de la Mission d’assistance
des Nations Unies.
À l’ère des médias omniprésents,
la notoriété est souvent brandie comme une preuve de
succès. Mais ce n’est pas nécessairement vrai
dans le cas de l’Iraq. Même quand les résultats
de nos efforts sont bien visibles, comme dans le cas de l’accord
de la semaine dernière, les efforts eux-mêmes doivent
être déployés sans fanfare, à l’abri
des caméras.
C’est surtout des Iraquiens eux-mêmes que dépendra
le succès ou l’insuccès de l’action menée
par l’ONU pour les aider. Ils sont les seuls à pouvoir
rédiger une constitution juste qui ne fasse pas de laissés
pour compte. L’ONU ne peut pas la rédiger pour eux, et
ne le fera pas. Il n’y a d’ailleurs pas de raison qu’elle
le fasse, car ils sont parfaitement capables de le faire eux-mêmes.
Ils souhaitent être conseillés, mais ils décideront
eux-mêmes quels conseils valent la peine d’être
suivis.
Le compromis entre les différents groupes constitutifs de la
population iraquienne qui sous-tendra la constitution sera tout aussi
important que les dispositions du texte. Par son appui et ses activités
de facilitation, mon Représentant spécial, Ashraf Qazi,
aide à accomplir la tâche délicate qui consiste
à ouvrir le processus politique à tous les groupes d’Iraquiens
afin que la transition ne fasse vraiment aucun exclu. Lui aussi, qui
œuvre à restaurer entre les différents groupes
la confiance indispensable au succès de la transition prévue
par la résolution 1546, travaille nécessairement loin
des projecteurs.
Certes, il en est qui voudraient exacerber les tensions interethniques
et empêcher la création d’un Iraq démocratique,
pluraliste et stable. Ceux-là cherchent à profiter des
graves difficultés que rencontre le commun des Iraquiens et
à exploiter la colère et le ressentiment de la population
pour entretenir la haine et la violence. On voit chaque jour leur
ouvrage dans les rues de l’Iraq.
Je ne crois pas que le renforcement des mesures de sécurité
soit une réaction suffisante. Pour donner les résultats
recherchés, ces mesures doivent s’inscrire dans une stratégie
d’ensemble qui englobe la transition politique, le développement,
les droits de l’homme et la mise en place du cadre institutionnel
nécessaire, pour que tous les Iraquiens, quel que soit le groupe
auquel ils appartiennent, se rendent compte qu’ils seront gagnants
dans le nouvel Iraq. Dans le même temps, il faut aider l’Iraq
à assumer son passé torturé, un passé
qui n’en finit pas de prendre sa revanche et qui, faute d’être
géré, pourrait continuer à hanter les générations
futures. Ce projet serait difficile pour toute société
en transition, mais il l’est plus encore pour l’Iraq étant
donné les conditions extrêmement dangereuses qui règnent
dans certains régions.
Pour faciliter la transition, l’ONU travaille, dans le pays
et à l’extérieur, à la coordination de
l’aide, au renforcement des capacités des ministères
iraquiens et des organisations de la société civile,
et à la fourniture de services de base. Reconstruction des
écoles, des stations d’épuration des eaux usées
et de traitement des déchets, des centrales électriques
et des lignes de transport, assistance alimentaire aux enfants, déminage
et aide aux centaines de milliers de réfugiés et de
déplacés qui rentrent chez eux, toutes ces activités
sont menées au quotidien sous la houlette de l’ONU.
La transition demeure douloureuse et pénible pour les Iraquiens,
qui ont encore beaucoup de chemin à faire. L’ONU s’estime
privilégiée de marcher à leurs côtés,
et est bien décidée à le faire. Elle sert ainsi
non seulement le peuple iraquien, mais aussi tous les autres peuples,
qui ont le plus grand intérêt à ce qu’un
Iraq stable, pacifique et démocratique s’édifie
au cœur du Moyen-Orient.
Message
du Secrétaire général à l’occasion
du Séminaire international à l’intention des médias
sur la question de la paix au Moyen-Orient organisé
sur le thème suivant : « Relance du processus de paix
: rôle des partenaires internationaux et régionaux
dans la recherche d’une paix globale, juste et durable au Moyen-Orient
»
Le
Caire, 13 juin 2005
Prononcé
par M. Shashi Tharoor, Secrétaire général adjoint
à la communication et à l’information
Ce m'est avec un grand plaisir de saluer tous les journalistes et
participants réunis au Caire à l’occasion du séminaire
à l’intention des médias sur la question de la
paix au Moyen-Orient. Ce séminaire vient à point nommé.
Ces dernières semaines, nous avons assisté à
la multiplication lente mais constante d’incidents violents
et à la détérioration du climat de confiance
entre Palestiniens et Israéliens. Nous traversons pourtant
une période qui, malgré son caractère précaire,
demeure porteuse d’espoir : la situation politique s’est
améliorée à la suite des élections palestiniennes
de janvier, qui ont fait date, de la réforme des services de
sécurité palestiniens, des arrangements auxquels les
parties sont parvenues à Charm el-Cheikh, et des préparatifs
du désengagement israélien de Gaza et du nord de la
Cisjordanie.
C’est pourquoi il nous faut, par-delà les difficultés
et la peur, tirer parti de l’esprit de coopération retrouvé
et garder les yeux sur notre objectif de longue date, à savoir
deux États – Israël et une Palestine souveraine,
viable et d’un seul tenant – vivant côte à
côte dans la paix et la sécurité. Je n’ai
cessé de souligner la nécessité pour chacun de
s’abstenir de toute mesure unilatérale qui pourrait préjuger
du règlement des questions relatives au statut définitif
ou de l’application des résolutions de l’ONU. Le
nouveau Coordonnateur spécial des Nations Unies pour le processus
de paix au Moyen-Orient, Alvaro de Soto, a pris ses fonctions et il
établit actuellement les premiers contacts avec toutes les
parties concernées. Le Quatuor continue, pour sa part, d’insister
auprès des deux parties pour qu’elles respectent les
engagements qu’elles ont pris au titre de la Feuille de route;
par la voix de son représentant spécial pour le désengagement
de Gaza, James Wolfensohn, il montre sa détermination à
faire en sorte que cette étape se déroule sans heurt
et de façon à favoriser le redressement de l’économie
palestinienne et à stimuler d’autres composantes du processus
de paix.
Bien entendu, dès que l’on avance dans un processus de
paix, tout semble possible. À l’inverse, lorsque le processus
se bloque, on marche à reculons : les positions se durcissent,
les rancœurs s’accumulent, on ne saisit pas les occasions
qui se présentent, et la moindre provocation ou le plus léger
malentendu risque de mettre le feu aux poudres. C’est ce qui
s’est produit bien trop souvent dans le processus de paix israélo-palestinien.
Les populations du Moyen-Orient vont avoir bientôt à
franchir un certain nombre de caps décisifs. Avec l’aide
de leurs partenaires régionaux et internationaux, elles peuvent
éviter de retomber dans le conflit et la confrontation et,
prenant appui sur les événements récents, prendre
un nouveau départ sur la voie de la paix. Je vous remercie
à nouveau pour votre participation et pour votre engagement
en faveur de ce but, dont tant de choses dépendent.

Kofi
Annan précise sa proposition de créer un Conseil des
droits de l'homme
Dans un addendum
à son rapport « Dans une liberté plus grande »,
le Secrétaire général a précisé
le 3 juin 2005 sa proposition concernant la création Conseil
des droits de l'homme qui remplacerait la Commission des droits de
l'homme, qui a perdu de sa crédibilité. le 4 du même
mois, le Président de l'Assemblée générale
a présenté les conclusions des travaux des Etats Membres
sur les propositions de Kofi Annan pour une réforme des Nations
Unies.
Dans un « additif » à son rapport intitulé
« Dans une
liberté plus grande : développement, sécurité
et respect des droits de l'homme pour tous », établi
le 21 mars dernier et publié le 3 juin, le Secrétaire
général, précise sa recommandation aux Etats
Membres de créer Conseil
des droits de l'homme.
Ce dernier est conçu comme un organe permanent « qui
pourrait se réunir à tout moment pour s'occuper de crises
imminentes », dont les membres devraient être moins nombreux
que ceux de la Commission « pour des débats mieux circonscrits
» et élus par l'Assemblée générale
« ce qui lui conférerait au Conseil plus d'autorité
que la Commission qui n'est un organe subsidiaire du Conseil économique
et social ».
« Sortir l'examen des questions relatives aux droits de l'homme
du cadre politiquement chargé d'une session de six semaines
permettrait aussi de consacrer plus de temps à un suivi approfondi
de l'application des décisions et des résolution »,
explique-t-il.
« Ce conseil serait plus représentatif et ses membres
seraient plus responsables. L'élection directe par l'Assemblée
générale – principal organe législatif
des Nations Unies – conférerait à ce conseil une
plus grande autorité que celle de la Commission, qui n'est
qu'un organe subsidiaire du Conseil économique et social »,
avance-t-il.
« Un organe dont les membres seraient moins nombreux permettrait
au Conseil des droits de l'homme de tenir des débats mieux
circonscrits », ajoute-t-il.
Le Secrétaire général se déclare par ailleurs
convaincu que « le Conseil des droits de l'homme devrait être
installé à Genève, ce qui lui permettrait de
continuer à travailler en coopération étroite
avec le Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme
».
« Le Conseil des droits de l'homme, en tant qu'organe permanent
se réunissant à Genève, aurait la latitude d'affirmer
sa présence en se réunissant parfois à New York.
Il pourrait par exemple tenir des sessions extraordinaires à
New York, ou installer des organes subsidiaires spécifiques
à New York, de façon à être en relation
plus étroite avec l'Assemblée générale,
le Conseil de sécurité et le Conseil économique
et social », ajoute-t-il.
Dans un discours prononcé devant la Commission des droits de
l'homme le 7 avril dernier, le Secrétaire général
avait apporté des précisions sur la proposition d'établir
une nouvelle fonction, essentielle, qui serait un examen collégial
exercé par le Conseil des droits de l'homme.
« Le Conseil des droits de l'homme aurait expressément
une fonction de chambre d'examen collégial. Sa tâche
première serait de déterminer dans quelle mesure tous
les États s'acquittent de leurs obligations en matière
de droits de l'homme. Il donnerait une expression concrète
à l'idée que les droits de l'homme sont universels et
indivisibles. Une égale attention devrait être accordée
aux droits civils, politiques, économiques, sociaux et culturels
ainsi qu'au droit au développement ».
« Chaque État Membre se prêterait périodiquement
à cet examen collégial. Ce roulement ne devrait pas
cependant exclure que le Conseil des droits de l'homme s'occupe, quand
elles se produisent, des violations massives et flagrantes des droits
de l'homme. En fait, le Conseil devra pouvoir porter à l'attention
urgente de la communauté mondiale d'éventuelles crises
graves des droits de l'homme ».
« Ce mécanisme d'examen collégial compléterait
mais ne remplacerait pas les procédures d'établissement
de rapports instituées en vertu des traités relatifs
aux droits de l'homme ».
« Un des aspects essentiels de cet examen collégial serait
l'idée que tous les États sans exception se prêteraient
à un examen, par tous les États Membres, de la façon
dont ils s'acquittent de leurs obligations en matière de droits
de l'homme. L'examen collégial aiderait à éviter
dans la mesure du possible la politisation et la sélectivité
qui sont des caractéristiques actuelles du système de
la Commission des droits de l'homme. Il porterait sur l'intégralité
des droits de l'homme, c'est-à-dire les droits civils, politiques,
économiques, sociaux et culturels ».
Le 27 mai dernier, lors du dévoilement de son Plan de réforme
du Haut Commissariat des droits de l'homme, Louise Arbour, Haut Commissaire,
avait appuyé la proposition de la création d'un Conseil
des droits de l'homme.
Le 22 avril dernier, lors de la clôture de la session annuelle
de la Commission des droits de l'homme, elle avait regretté
que les questions relatives aux droits de l'homme restent traitées
de manière insuffisante au niveau national et plaidé
pour la création d'un Conseil des droits de l'homme.
Louise
Arbour présente son plan de réforme du Haut Commissariat
aux droits de l'homme
Louise
Arbour, Haut Commissaire aux droits de l'homme, a dévoilé
le 27 mai son plan d'action
qui plaide pour le doublement du budget de son Bureau dans les cinq
ans à venir, un renforcement de la présence sur le terrain
et la création du Conseil des droits de l'homme, comme l'avait
suggéré le Secrétaire général.
Le Bureau de l'ONU pour les droits de l'homme ne bénéficie
à l'heure actuelle que de 1,8% du budget des Nations Unies.
La
Haut Commissaire aux droits de l'homme des Nations Unies, Louise
Arbour, a adressé aujourd'hui au Secrétaire général
de l'ONU un plan d'action sur l'amélioration de la mise en
œuvre des droits de l'homme et des libertés fondamentales
dans le monde, indique un communiqué du Haut Commissariat aux
droits de l'homme.
C'est le Secrétaire général qui a demandé
la préparation de ce plan dans le cadre de son rapport intitulé
« Dans une liberté plus grande : vers le développement,
la sécurité et les droits de l'homme pour tous »
qui recommande notamment le renforcement du Haut Commissariat aux
droits de l'homme.
Le plan d'action préconise notamment une meilleure présence
du Haut Commissariat dans les pays et une meilleure réactivité
aux crises et aux besoins sur le terrain.
« Le caractère central des droits de l'homme au regard
du mandat des Nations Unies ne fait pas de doutes ». Pourtant,
« si le programme des Nations Unies en matière de droits
de l'homme a fait des progrès historiques au cours des 60 dernières
années », « son organe politique est aujourd'hui
en difficulté, son rôle de surveillance est faible, et
le Haut Commissariat souffre régulièrement d'une pénurie
de ressources et de sous-équipement », indique Louise
Arbour en introduction de son plan d'action.
Le plan présente une approche stratégique pour l'orientation
future du Haut Commissariat aux droits de l'homme. Il définit
notamment des domaines qui appellent une attention particulière
: la pauvreté, la discrimination, les conflits armés,
l'impunité, le déficit démocratique et les faiblesses
institutionnelles.
Concrètement, il recommande une plus grande présence
du Haut Commissariat sur le terrain grâce à des bureaux
régionaux et nationaux, une meilleure surveillance de la situation
des droits de l'homme dans les pays, davantage de recherche et d'analyse
des situations dans chaque pays ayant une visée pratique et
une capacité de réaction plus rapide aux demandes d'assistance
qui lui sont adressées par les pays.
D'autres recommandations visent à renforcer la capacité
du Haut Commissariat à déployer des « équipes
de réaction rapide » en situation de crise, assurer une
présence auprès des opérations de maintien de
la paix dans les zones de conflit. Il est également proposé
de créer une unité spéciale du Haut Commissariat
sur la réalisation des Objectifs du Millénaire pour
le développement (OMD) et de renforcer les efforts de promotion
des droits économiques, sociaux et culturels auprès
du public.
Le plan d'action prévoit en outre un rôle de premier
plan du Haut Commissaire pour favoriser une plus grande interaction
avec les organes des Nations Unies concernés par les questions
des droits de l'homme, l'établissement de partenariats plus
étroits avec la société civile et la publication
d'un rapport annuel thématique.
« L'objectif doit être de contribuer à combler
le fossé qui sépare les idéaux des droits de
l'homme exprimés dans l'enceinte des Nations Unies et les dures
réalités du terrain » indique Louise Arbour.
Le texte souligne toutefois que pour que toutes ces recommandations
se réalisent, il faudra une augmentation considérable
des ressources.
« Alors que la Charte des Nations Unies identifie l'avancement
des droits de l'homme comme l'un des principaux objectifs de l'Organisation,
1,8% du budget des Nations Unies seulement lui est affecté,
et l'essentiel des ressources du Haut Commissariat proviennent de
contributions extrabudgétaires ».
Louise Arbour estime donc dans son plan d'action que le Haut Commissariat
devra doubler ses ressources au cours des cinq ou six prochaines années.
S'agissant de la proposition du Secrétaire général
de réformer la Commission des droits de l'homme, qui deviendrait
un Conseil des droits de l'homme chargé d'examiner les situations
dans tous les pays, le Haut Commissariat « appuie fermement
la proposition d'assurer la surveillance des situations dans les pays
par un système efficace, juste et transparent d'examen par
les autres États, et qui soit fondé sur l'universalité
».
« Pour sa part, le Haut Commissariat est disposé à
contribuer aux efforts visant à trouver le meilleur moyen d'y
parvenir », indique la Haute Commissaire aux droits de l'homme.
Louise Arbour avait regretté, lors de la clôture de la
session annuelle de la Commission des droits de l'homme, que les questions
relatives aux droits de l'homme restent traitées de manière
insuffisante au niveau national. Elle avait également plaidé
pour la création d'un Conseil des droits de l'homme qui remplacerait
la Commission
TRIBUNE
Pour que la paix ait une chance au Darfour
Par Kofi A. Annan et Alpha Oumar Konaré*
S’il est difficile de savoir avec certitude combien de personnes
ont péri dans le conflit au Darfour, dans l’ouest du
Soudan, on sait que plus de 2,6 millions de personnes subissent les
conséquences dévastatrices de ce conflit et ont besoin
d’aide de toute urgence.
Des villages entiers ont été incendiés et des
récoltes saccagées; des hommes ont été
tués, des femmes violées, des enfants enlevés.
On sait que 1,9 million de personnes ont dû fuir et se réfugier
ailleurs sur le territoire soudanais. D’autres ont pu rester
chez elles, mais sont dans l’impossibilité de faire les
semailles dont dépend leur survie. Si elles ne reçoivent
pas des vivres très bientôt, elles devront à leur
tour partir en quête de nourriture et iront grossir les rangs
des déplacés dans des camps déjà surpeuplés.
Pendant un temps, les crimes commis contre les civils du Darfour n’ont
pas fait les gros titres des journaux. Mais depuis plus d’un
an, ils sont en première page. Qu’il ait fallu une mobilisation
générale des médias pour que l’on intervienne
enfin est au déshonneur non seulement du Soudan, mais aussi
de la communauté internationale tout entière. Encore
aujourd’hui, ceux qui essayent de mettre un terme à la
crise du Darfour ne bénéficient pas du soutien qu’il
leur faudrait.
Nos deux organisations ont uni leurs forces pour faire cesser l’horreur.
L’Organisation des Nations Unies a pris la tête des opérations
de secours et des efforts visant à ce que les auteurs des crimes
les plus odieux ne puissent plus jouir de l’impunité.
L’Union africaine a pris l’initiative pour ce qui est
d’assurer la sécurité sur le terrain et de relancer
les négociations politiques, seul moyen de rétablir
une paix durable (ces négociations devraient reprendre le 10
juin à Abuja, au Nigéria).
Ces derniers mois, la situation s’est stabilisée et moins
d’exactions massives ont été signalées.
Une vaste opération humanitaire dirigée par l’ONU
est en cours, plus de 10 000 agents humanitaires (pour la plupart
soudanais) s’occupant de fournir des vivres, de l’eau,
des abris et d’autres articles de première nécessité
à près de 1,8 million de personnes. Dans les secteurs
où ils sont déployés, les soldats de l’Union
africaine font des efforts héroïques qui ont de réels
effets : la population est plus à l’abri de la violence
prédatrice, beaucoup de gens sont rentrés dans leurs
villages et les attaques se sont faites moins fréquentes.
Dans certaines zones, la situation humanitaire est sans aucun doute
meilleure qu’elle ne l’était il y a un an, mais
l’accès demeure limité, le harcèlement
des agents humanitaires a empiré et les conditions de sécurité
demeurent excessivement mauvaises. Des centaines de milliers de personnes
touchées par la guerre ne reçoivent toujours pas l’aide
dont elles ont besoin et les soldats de l’Union africaine sont
à ce jour trop peu nombreux pour se déployer sur l’ensemble
d’un territoire aussi vaste. Les agents humanitaires sont régulièrement
harcelés par les autorités locales, et parfois même
attaqués, kidnappés ou menacés de violence. Les
représentants des ONG humanitaires étrangères
ont de plus en plus de mal à obtenir des visas. Et les camions
qui acheminent les secours sont détournés, souvent par
des rebelles. Ce mois-ci, deux chauffeurs du Programme alimentaire
mondial ont été tués dans deux attaques séparées.
Tous ces facteurs font que dans beaucoup de cas, ceux qui ont le plus
besoin de l’aide ne la voient pas arriver.
La réaction de la communauté internationale est donc
tragiquement insuffisante sur deux plans : il manque 350 millions
de dollars pour aider plus de 3 millions de personnes à survivre
jusqu’à la fin de cette année, et il faut plus
de soldats, de policiers, d’avions et d’autres véhicules,
d’activités de formation et de soutien logistique pour
permettre à l’Union africaine de protéger la population
dans une grande partie du Darfour.
Dans le cadre de nos efforts pour régler la crise du Darfour,
nous avons convoqué ensemble la conférence des donateurs
[qui se tiendra cette semaine/demain/qui se tient aujourd’hui,]
à Addis-Abeba : pour donner au reste du monde – en particulier
aux pays riches qui ont les moyens d’apporter des fonds, et
dont les médias et l’opinion publique ont réclamé
avec le plus d’instance que l’on mette fin aux atrocités
au Darfour – l’occasion de serrer les rangs et d’offrir
un soutien tangible aux Africains qui agissent concrètement
sur le terrain. Cette conférence sera le prolongement de celle
qui s’est tenue à Oslo le mois dernier, et à laquelle
quelque 4,5 milliards de dollars d’aide ont été
promis, principalement pour consolider la paix fragile qui s’est
finalement instaurée entre le nord et le sud après 21
ans de guerre civile.
Certes, le Darfour ne pourra se remettre que si le reste du Soudan
est en paix, et si le nouveau gouvernement d’unité nationale
(qui devrait prendre ses fonctions en juillet) engage le pays tout
entier sur une voie nouvelle n’excluant personne. La force de
maintien de la paix de 10 000 hommes que l’ONU déploie
actuellement dans le sud permettra donc à la paix de s’installer
durablement partout dans le pays, y compris au Darfour.
Cela étant dit, il est urgent d’intervenir au Darfour
même, et ce sur trois fronts.
Le financement de l’action humanitaire doit être intégralement
assuré et toutes les parties doivent garantir la liberté
de circulation et la sécurité des agents des organisations
humanitaires, tant intergouvernementales que non gouvernementales.
Il faut accroître les effectifs de la force de l’Union
africaine et lui apporter un soutien logistique et financier pour
qu’elle puisse vraiment assurer la sécurité partout
au Darfour, ce qui permettra aux gens de rentrer chez eux et de reprendre
leurs activités agricoles. Les États africains qui ont
promis des contingents doivent les fournir sans tarder et les donateurs
doivent apporter les moyens nécessaires pour que ces contingents
puissent être déployés. Tant le Gouvernement que
les rebelles doivent s’assurer la maîtrise complète
de leurs forces et milices et veiller à ce qu’elles respectent
scrupuleusement le cessez-le-feu et le droit humanitaire.
Enfin, les parties au conflit doivent négocier un accord politique
offrant de solides garanties en vue de l’instauration d’une
paix durable. L’Union africaine et la communauté internationale
dans son ensemble peuvent et doivent aider. Mais en fin de compte,
les Soudanais sont les seuls à pouvoir faire et maintenir la
paix.
*
Les auteurs sont le Secrétaire général de l’Organisation
des Nations Unies et le Président de la Commis |