SECRETAIRE GENERAL

« Depuis sa création, l'Organisation des Nations Unies porte l'empreinte des Etats-Unis et les dirigeants américains l'ont toujours considérée comme essentielle à la sécurité du pays » Kofi Annan

« Dans une liberté plus grande : développement, sécurité et respect des droits de l'homme pour tous »


Sécurité collective
Rapport du Groupe de haut niveau, une nouvelle vision de la sécurité collective

La réforme des Nations Unies par le Secrétaire général

 

 

 

 

 
 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Les relations USA-ONU

Kofi Annan appelle les Etats Membres à trouver un accord sur le budget de l'ONU et la réforme de l'Organisation


Alors qu'arrive à échéance le budget temporaire de l'ONU fixé en décembre dernier pour six mois, en attente d'un accord sur le long terme, le Secrétaire général a espéré que les Etats Membres s'entendront à la fois sur le budget et sur la réforme de la gestion, deux questions étroitement liées.

« Manifestement, un grand nombre d'Etats membres sont réticents à négocier sous la menace du plafond budgétaire, mais j'espère que nous assisterons bientôt à un accord pour lever ce plafond », a déclaré le 15 juin 2006 le Secrétaire général, lors d'une conférence de presse, au siège de l'ONU à New York.

« Il semble que tous les Membres souhaitent vivement progresser sur les réformes, qui sont dans l'intérêt général, puisqu'elles rendront l'Organisation plus efficace et plus utile à tous les Etats », a insisté Kofi Annan.

« Pour l'ONU, l'heure de vérité approche. En décembre, les États Membres ont adopté un budget couvrant les années 2006 et 2007 - l'exercice biennal actuellement en cours - mais limité les engagements de dépenses au minimum nécessaire pour que l'Organisation puisse fonctionner pendant six mois », avait expliqué Kofi Annan lundi dans une tribune au Financial Times (dépêche du 12.06.06).

« Avec les Etats-Unis à leur tête, les gros bailleurs de fonds ont insisté pour que le reste des fonds ne soit débloqué que quand des progrès sensibles auraient été accomplis dans la réforme de l'ONU. L'échéance approche à grands pas et il n'est pas du tout sûr que les États en question jugeront les progrès suffisants. Personne, ni dans un camp, ni dans l'autre, n'a trouvé le moyen de susciter un dialogue constructif sur la suite de la réforme », avait-t-il estimé.

« Les États-Unis essaient de tirer sur les cordons de la bourse pour imposer une réforme de la gestion réellement nécessaire et les pays en développement se rebiffent face à ce procédé », avait-il poursuivi.

A l'issue de longues négociations, la Commission budgétaire de l'Assemblée générale n'avait finalement pas accepté, en mai dernier, les propositions du Secrétaire général concernant la réforme de la gestion de l'ONU, formulées dans le rapport « Investir dans l'ONU ». Dans sa résolution, la Commission a demandé une série de nouvelles études sur la question, ce qui retarde de fait le processus.

Kofi Annan avait alors exprimé son « profond regret » face à cet échec (dépêche du 01.05.06).

Lors de la conférence de presse donnée aujourd'hui, le Secrétaire général a rappelé les progrès déjà réalisés dans le domaine des réformes. « Le Conseil des droits de l'homme et la Commission de maintien de la paix vont tenir leur première réunion la semaine prochaine », a-t-il indiqué.

« Nous avons maintenant un Bureau de la déontologie et un mécanisme solide de protection des dénonciateurs d'abus au sein du Secrétariat. Les Etats Membres travaillent actuellement à la réforme du Conseil économique et social (ECOSOC) et à la révision des mandats », a-t-il poursuivi.

« La semaine prochaine, je transmettrais à l'Assemblée générale l'étude d'ensemble sur les mécanismes de surveillance et sur la responsabilité, établie par un panel indépendant. Je devrais bientôt soumettre mes propositions concernant la réforme des marchés publics et les termes de référence pour le nouveau Comité d'audit indépendant ainsi qu'un supplément au rapport sur la réforme de la gestion demandé par les Etats Membres », a-t-il encore dit.

D'une manière plus générale, Kofi Annan a rappelé les principaux dossiers sur lesquels travaillait l'ONU actuellement : l'Iran, l'Iraq, la crise palestinienne, l'enquête sur le meurtre du Premier ministre libanais Rafic Hariri, les relations entre la Syrie et le Liban.

« Nous travaillons aussi le VHI/SIDA et les migrations. Le Timor-Leste. La Somalie. La République démocratique du Congo et bien évidemment le Darfour », a?t-il continué

Il a enfin rappelé qu'un accord avait été trouvé lundi dernier entre le Nigeria et le Cameroun sur la péninsule de Bakassi, mettant fin à un différend frontalier qui aurait pu dégénérer en conflit ouvert et sauvant ainsi « des milliers de vie et des millions de dollars ».

« C'est précisément pourquoi l'ONU a été créée, a-t-il fait observer, pour prévenir les guerres ».

Kofi Annan appelle à une nouvelle coalition Nord-Sud pour réformer l'ONU

Prévenant que « l'heure de vérité » approche pour l'ONU, le Secrétaire général a appelé aujourd'hui les Etats Membres à atténuer leur rhétorique face aux réformes proposées et à parvenir à un compromis visant à éviter une crise financière et à ouvrir la voie à de véritables changements dans l'Organisation.

Pour « ceux qui tiennent à la réforme » l'heure est venue de « former une nouvelle coalition, une coalition qui referme le fossé artificiel et néfaste entre le Nord et le Sud et regroupe tous ceux qui veulent collaborer parce qu'ils ont la même ambition pour l'ONU : en faire une organisation qui fonctionne réellement, pour le plus grand bien de tous les peuples du monde », a déclaré le Secrétaire général dans une tribune parue le 13 juin dans le quotidien britannique « Financial Times ».

« La semaine dernière, le Vice-secrétaire général de l'ONU a provoqué une mini-tempête en disant dans un discours que, s'ils veulent parvenir à réformer l'Organisation, les États-Unis devraient faire un effort sérieux pour dialoguer avec les autres États Membres », a rappelé Kofi Annan (dépêche du 7.06.06 sur le discours de Mark Malloch Brown et dépêche du 8.06.06 sur la réaction de Kofi Annan).

« Il avait absolument raison. Mais - il le pense comme moi - cela vaut aussi pour beaucoup d'autres pays », a dit le Secrétaire général.

« Pour l'ONU, l'heure de vérité approche. En décembre, les États Membres ont adopté un budget couvrant les années 2006 et 2007 - l'exercice biennal actuellement en cours - mais limité les engagements de dépenses au minimum nécessaire pour que l'Organisation puisse fonctionner pendant six mois » (dépêche du 24.12.05).

« Avec les Etats-Unis à leur tête, les gros bailleurs de fonds ont insisté pour que le reste des fonds ne soit débloqué que quand des progrès sensibles auraient été accomplis dans la réforme de l'ONU. L'échéance approche à grands pas, et il n'est pas du tout sûr que les États en question jugeront les progrès suffisants. Personne, ni dans un camp ni dans l'autre, n'a trouvé le moyen de susciter un dialogue constructif sur la suite de la réforme », a-t-il déclaré.

« Les États-Unis essaient de tirer sur les cordons de la bourse pour imposer une réforme de la gestion réellement nécessaire et les pays en développement se rebiffent face à ce procédé », a expliqué le Secrétaire général.

« La plupart d'entre eux savent bien que la réforme est indispensable, d'autant plus que c'est chez eux que l'ONU mène une grande partie de ses activités : maintien et consolidation de la paix, secours d'urgence, promotion des droits de l'homme, assistance électorale et lutte contre les maladies infectieuses ».

« En fait, c'est eux qui ont le plus à gagner à ce que l'Organisation soit bien gérée et à ce que les Membres en aient pour leur argent. Ce qu'ils contestent n'est pas tant tel ou tel volet de la réforme que ce qu'ils perçoivent comme l'influence écrasante exercée par quelques pays riches, dans une organisation censée reposer sur 'le principe de l'égalité souveraine de tous ses membres' », a poursuivi le Secrétaire général.

Kofi Annan a par ailleurs rappelé que, « comme Tony Blair l'a constaté à Washington il y a deux semaines », « c'est toute la mécanique onusienne qui doit être refondue, y compris le Conseil de sécurité ».

Mais, a-t-il souligné, « il n'y a pas que le Conseil de sécurité qui, de par sa composition, est figé au milieu du XXe siècle ».

« La façon dont l'ONU est gérée et l'attitude de bien des gouvernements vis-à-vis de l'Organisation sont aussi complètement dépassées. Ni l'une ni l'autre n'a vraiment évolué, alors que l'ONU, s'il fut un temps où elle se bornait à organiser des conférences et à produire des rapports, conduit aujourd'hui des opérations extrêmement complexes pesant des milliards de dollars pour aider tantôt à maintenir la paix et tantôt à surmonter des crises humanitaires. De ce fait, les institutions dont nous disposons ne sont pas celles dont nous avons besoin pour faire face aux défis mondiaux de ce siècle-ci. Cela ne peut plus durer », a-t-il insisté.

« Par rapport à l'ampleur de notre tâche, ces objectifs ne sont pas excessivement ambitieux. Comment les gouvernements pourraient-ils ne pas s'entendre sur les moyens de concrétiser ces réformes sans que toute l'Organisation soit complètement immobilisée ? », s'est interrogé le Secrétaire général.

Suite aux demandes des Etats membres formulées dans le document final du sommet mondial 2005, le Secrétaire général avait présenté le 7 mars dernier un rapport intitulé « Investir dans l'ONU », qui proposait de refondre complètement le Secrétariat pour qu'il soit mieux adapté aux réalités d'aujourd'hui et pour qu'il gère mieux les Nations Unies sur le terrain (dépêche du 7.03.06 et dépêche du même jour sur le détail du rapport).

A l'issue de longues négociations, les délibérations à la commission budgétaire de l'Assemblée générale sur ces propositions de réforme s'étaient terminées par le vote d'une résolution – contrairement à la pratique du consensus - à la demande du Groupe des 77 représentant les pays en développement à l'ONU, demandant une série de nouvelles études sur la question et retardant de fait le processus de réforme.

Le Secrétaire général avait alors exprimé son « profond regret » face à cet échec.

Dans la perspective du Sommet mondial, le Secrétaire général avait présenté en mars 2005 un vaste projet de réforme des Nations Unies dans leur ensemble, comprenant notamment une refonte du Conseil de sécurité, dans son rapport intitulé « Dans une liberté plus grande».

Kofi Annan défend le discours prononcé par son Vice-Secrétaire général

Le Secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, a réitéré son soutien à « la teneur » d'une allocution prononcée par son Vice-Secrétaire général, Mark Malloch Brown, appelant à un plus grand engagement des Etats-Unis pour soutenir l'ONU.
« Je sais aussi que vous avez été assez préoccupés par un 'petit discours' prononcé le 8 juin. Je vous engage à lire ce discours. Le message est que les Etats-Unis ont besoin de l'ONU et que l'ONU a besoin des Etats-Unis. Et qu'il faut que nous nous soutenions mutuellement », a déclaré le Secrétaire général.
Cette allocution, lors d'un séminaire à New York, a provoqué les critiques acerbes du représentant des Etats-Unis, John Bolton.
Lors d'un point de presse à l'ONU, ce dernier l'a qualifié de « grave erreur », estimant que la « victime pourrait en être l'ONU » elle-même. John Bolton a aussi appelé à la « répudiation publique » du discours.
Défendant de nouveau son adjoint, Kofi Annan a souligné « que la structure du pouvoir à l'ONU faisait en ce moment l'objet de discussions ».
« Lorsque l'on parle de réformes de gestion, certains ont d'autres questions en tête », a-t-il dit, en référence au lien établi par les Etats-Unis entre les progrès accomplis dans la réforme de la gestion de l'ONU et le paiement de leurs contributions, alors qu'en parallèle la réforme du Conseil de sécurité reste pour l'instant au point mort.
« J'ai déjà eu l'occasion de dire que la structure du pouvoir est trop étroite à l'ONU. La plupart des Etats Membres estiment que cinq pays seulement prennent les décisions. Il faudra donc faire des changements », a dit Kofi Annan qui a rappelé qu'il avait déjà employé le terme de « déficit démocratique » à cet égard.
« Mettons maintenant ce discours derrière nous », a dit le Secrétaire général.
« Il y a une ou deux choses dans le discours avec lesquelles vous ou moi-même pouvons être en désaccord. Mais ce sur quoi nous ne pouvons qu'être d'accord c'est la teneur du message, qui est que l'ONU a besoin de soutien et que nous devons travailler ensemble et qu'il faut défendre l'ONU ».
« Je ne prévoit pas une crise financière majeure à la fin du mois. Je pense que les Etats Membres peuvent se mettre d'accord. Et il faut aussi poursuivre la mise en oeuvre des mandats qui ont été confiés à l'Organisation ».
« Si certains décident 'nous ne sommes pas d'accord avec la réforme et nous allons fermer la boutique', ils auront des explications à donner, et pas seulement ici mais aussi envers le public », a dit Kofi Annan.
Lors d'un point avec la presse hier au siège de l'ONU, Mark Malloch Brown a souligné qu'il n'avait pas souhaité être partisan, mais qu'il était important de souligner « la crise actuelle ».
Il a rappelé qu'il avait été critiqué par le G-77, le principal groupe représentant les pays en développement à l'ONU, pour leur avoir demandé de participer davantage au processus de réformes.
Dans son discours, Mark Malloch Brown affirmé que « la pratique actuelle des Etats-Unis de n'utiliser l'ONU en tant qu'outil diplomatique que furtivement tout en s'abstenant de la défendre contre ses critiques au niveau national » n'était « tout simplement pas durable ».
« Les Etats-Unis ont besoin de l'ONU ». Réciproquement, a-t-il souligné, « l'ONU a tout autant besoin de son premier parent, les Etats-Unis».
Le Vice-Secrétaire général a expliqué que la question du blocage des réformes à l'ONU ne concernait pas tant le fonds des questions mais « les motivations et les pouvoirs de chacun ».
« C'est malheureux mais certains Etats, y compris parmi les pays modérés, ont la perception que tout ce que soutiennent les Etats-Unis relève de motivations cachées visant soit à subordonner les processus multilatéraux aux objectifs de Washington, soit à affaiblir les institutions, et qu'il faut donc s'y opposer sans véritable discussion, quels qu'en soient les mérites », a-t-il fait observer.
Il a aussi souligné «une hostilité compréhensible des Etats Membres quant à la perception que le Conseil de sécurité, en particulier ses 5 membres permanents, cherchent à occuper un rôle dans des domaines qui ne lui incombent pas formellement, comme la réforme de la gestion et les droits de l'homme ».

L'ONU et les Etats-Unis ont besoin l'un de l'autre, affirme Mark Malloch Brown


Le Vice-Secrétaire général de l'ONU, Mark Malloch Brown, a appelé les Etats-Unis à renforcer leur engagement envers les Nations Unies, estimant que la pratique d'un « soutien furtif » ou inégal était nocif pour l'Organisation comme pour l'objectif américain de réformer l'ONU, appelant réciproquement le G-77 à surmonter sa méfiance pour trouver une solution à la crise financière qui pointe à l'horizon.

« Mon message sous-jacent vise les graves conséquences d'une pratique de l'Administration américaine depuis plusieurs décennies, qui est celle de ne s'engager en faveur de l'ONU que par intermittence », a déclaré le 6 juin 2006 à New York le Vice-Secrétaire général, Mark Malloch Brown, lors d'un discours à l'occasion d'un séminaire intitulé « Pouvoir et superpuissance : le leadership mondial au XXIème siècle ».

« Si ce discours pourrait être considéré comme plutôt non onusien », « j'espère que vous le prendrez comme il se doit », c'est-à-dire comme « une critique sincère et constructive de la politique américaine envers les Etats-Unis par un ami et admirateur », a souligné Mark Malloch Brown.

« Le fait est que la pratique actuelle de n'utiliser l'ONU en tant qu'outil diplomatique que furtivement tout en s'abstenant de la défendre contre ses critiques au niveau national n'est tout simplement pas durable. D'une manière ou d'une autre vous perdrez l'ONU », a-t-il prévenu.

Mais aujourd'hui les succès de l'ONU « sont soit attaqués soit non reconnus par les groupes anti-ONU ».

Mark Malloch Brown a cité l'exemple des opérations de maintien de la paix, moribondes il y a dix ans, qui jouent leur rôle dans 18 endroits du monde, du Congo à Haïti, du Soudan à la Sierra Leone et du Sud-Liban au Liberia, « à un prix annuel qui représente une affaire en or en comparaison d'autres opérations menées par les Etats-Unis ». « Et les Etats-Unis paient environ un quart du coût de ces opérations, soit un peu plus d'un milliard de dollars ».

« Le maintien de la paix multilatéral, même s'il ne dispose pas d'équipement lourd, est un modèle qui marche et qui est rentable ». Cela est vrai d'autres domaines des Nations Unies, de l'assistance humanitaire à l'éducation.

« Mais de nombreux décideurs ou leaders d'opinion à Washington, et encore davantage le public, restent incrédules ou sous-estiment ces réalisations ».

Mais le « moment de vérité » approche, a prévenu le Vice-Secrétaire général soulignant « qu'alors que s'accroît le poids des défis mondiaux, la capacité de l'ONU à répondre est affaiblie par l'absence du leadership américain ».

Ainsi, « la décision des Etats-Unis de demander un vote pour s'opposer à la création du Conseil des droits de l'homme, et sa décision de ne pas postuler à un siège après qu'elle a été approuvée à 170 voix contre 4 » rend plus difficile la perspective de rendre ce Conseil efficace et plus solide que son prédécesseur – la Commission des droits de l'homme.

Par ailleurs, si les critiques concernant la bureaucratie onusienne sont justifiées, le fait qu'elles perdurent est dû en partie au soutien inégal des Etats-Unis, sans compter que récemment aux yeux du reste du monde « la question extrêmement controversée de l'Iraq et la menace de la suspension des contributions financières » a contribué à faire de la relation ONU-US un « mariage difficile », a-t-il fait observer.

Pourtant, a souligné Mark Malloch Brown, « je sais que cela est injuste envers les véritables efforts des trois Secrétaires d'Etat avec lesquels j'ai travaillé - Albright, Powell et Rice – envers les questions relatives à l'ONU.

Mais cela n'est pas su ou bien compris, a-t-il souligné. « Voilà ce que j'appelle la 'diplomatie furtive'. Le rôle de l'ONU est un secret pour l'américain moyen alors qu'il est mis en lumière au Moyen-Orient ou dans d'autres régions du monde », a dit Mark Malloch Brown.

« Même une question aussi non-controversée que la rénovation du siège de l'ONU – monument historique de New York qui ne répond plus depuis longtemps aux règles de sécurité de la ville – est devenue 'sensible' à cause d'années de critiques et de stéréotypes anti-ONU, de sorte les politiciens ont peur de soutenir la création de meilleurs locaux pour « des bureaucrates onusiens trop payés et corrompus ».

Une conséquence en est que, « lorsque les Etats-Unis soutiennent à bon escient une question telle que la réforme de gestion, comme ils le font à l'heure actuelle, ils provoquent plus de suspicion qu'ils ne rallient de soutien ».

« En décembre dernier, par exemple, en grande partie sur l'insistance des Etats-Unis, au lieu d'un budget normal de deux ans a été adopté un budget temporaire de six mois – délai qui s'achève le 30 juin ».

« Les pays en développement et les pays développés – avec en tête les Etats-Unis, sont maintenant en opposition sur le point de savoir si des réformes suffisantes ont été adoptées pour lever cette limitation ou pour savoir s'il faut établir d'autres liens entre la réforme et le budget. Sans accord, nous ferons bientôt face à une crise financière », a-t-il prévenu.

« Il y a eu des réformes suffisantes au cours des 18 derniers mois, de la création d'un nouveau Bureau de l'Ethique et d'une politique de protection des dénonciateurs d'abus à la création de la Commission de consolidation de la paix et du Conseil des droits de l'homme ». Pourtant, « il faudra bientôt combler le fossé entre l'ampleur des questions à résoudre et les limites institutionnelles établies », a dit le Vice-Secrétaire général.

« Ainsi la question de permettre au Secrétaire général d'avoir plus d'autorité et de flexibilité pour répartir les postes et les ressources sans en référer directement aux Etats Membres a suscité une forte résistance du Groupe des 77, le principal groupe représentant les pays en développement, au motif que cela affaiblirait son devoir de responsabilité ».

« Ce n'est pas parce que la plupart des pays en développement refusent la réforme », a dit Mark Malloch Brown, « même si certains Etats sont en effet opposés à la réforme par elle-même et cherchent à manipuler le processus ».

« La question concerne plutôt les motivations et les pouvoirs de chacun ».

« C'est malheureux mais certains Etats, y compris parmi les pays modérés, ont la perception que tout ce que soutient les Etats-Unis relève de motivations cachées visant soit à subordonner les processus multilatéraux aux objectifs de Washington, soit à affaiblir les institutions, et qu'il faut donc s'y opposer sans véritable discussion, quels qu'en soient les mérites ».

Quant à la question du pouvoir, elle est liée à la représentativité du Conseil de sécurité, a souligné Mark Malloch Brown.

« Il y a d'abord une hostilité compréhensible des Etats Membres quant à la perception que le Conseil de sécurité, en particulier ses 5 membres permanents, cherchent à occuper un rôle dans des domaines qui ne lui incombent pas formellement, comme la réforme de la gestion et les droits de l'homme ».

Deuxièmement, il y a la conviction que « ces cinq membres permanents détenteurs du droit de veto, vainqueurs d'une guerre combattue il y a 60 ans, ne sont pas représentatifs du monde d'aujourd'hui – même si l'on examine les contributions financières ».

En effet, a-t-il ajouté, « les G-4, qui aspirent à entrer au Conseil (le Japon, l'Inde, le Brésil et l'Allemagne) apportent des contributions deux fois plus importantes que les P-4 – les quatre membres permanents sans les Etats-Unis ».

Citant en conclusion l'exemple du Darfour, Mark Malloch Brown s'est interrogé : « que peuvent faire les Etats-Unis seul au c?ur de l'Afrique, dans un pays grand comme la France », « alors que le gouvernement de Khartoum est persuadé que les Etats-Unis souhaitent étendre leur hégémonie comme ils le perçoivent en Iraq et en Afghanistan ».

« Au final, l'action des Etats-Unis est entravée dès le départ », a-t-il dit.

« Les Etats-Unis ont besoin des moyens du multilatéralisme pour répondre aux préoccupations du Soudan. Ils ont besoin de l'ONU pour fournir un vaste éventail multiculturel de troupes et de partenaires humanitaires. Ils ont besoin de l'ONU pour fournir la légitimité internationale dont l'Iraq a prouvé une fois de plus qu'elle est une composant indispensable du succès sur le terrain ».

« Et pourtant, l'ONU a tout autant besoin de son premier parent, les Etats-Unis, pour pouvoir se déployer de façon crédible dans les régions les plus dangereuses du monde », a conclu le Vice-Secrétaire général.

KOFI ANNAN SE FÉLICITE DU RAPPORT DE L’INSTITUT AMÉRICAIN POUR LA PAIX QUI APPUIE NOMBRE DE SES RECOMMANDATIONS SUR LA RÉFORME DE L’ONU

Le Secrétaire général accueille avec satisfaction la parution du rapport final du Groupe de travail de l’Institut américain pour la paix relatif à la réforme de l’ONU publié le 15 juin 2005. Il se félicite de ses conclusions selon lesquelles les États-Unis ont beaucoup à gagner d’une Organisation forte et efficace.

Le Secrétaire général appuie nombre des recommandations du rapport et est convaincu que l’appel lancé par le Groupe de travail en faveur d’un engagement des États-Unis à travailler avec les autres États Membres et le personnel de l’ONU constitue la meilleure base pour poursuivre et réaliser une réforme durable.

Le Secrétaire général apprécie particulièrement le fait que le rapport reconnaisse le travail ardu qu’effectue actuellement le Secrétariat pour s’attaquer à la réforme de la gestion interne. Il est encouragé par le fait que le rapport appuie et approuve nombre de ses initiatives et propositions clefs relatives à une large réforme institutionnelle, y compris la création d’une Commission de consolidation de la paix, le renforcement du Bureau des services de contrôle interne et autres mécanismes de contrôle, et la revitalisation de l’appareil des droits de l’homme de l’ONU, dont la création d’un nouveau Conseil des droits de l’homme. Le Secrétaire général se félicite également de l’accent que met le rapport sur un règlement de la crise au Darfour qui, pour les États Membres et les Nations Unies, est un test essentiel.

*TELECHARGER LE RAPPORT

Kofi Annan déplore que l'ONU soit confrontée, une nouvelle fois, à une menace du Congrès américain

Dans une interview donnée au Figaro et alors que la Chambre des représentants des Etats-Unis débat d'un projet de loi visant à forcer l'ONU à adopter une séries de réformes sous peine de lui couper les vivres, le Secrétaire général a déploré que l'Organisation soit confrontée, une nouvelle fois, à une menace du Congrès, au moment même elle était engagée dans des réformes de grande ampleur.

« Nous avons déjà connu ça. Quand je suis arrivé à mon poste en 1997, les Américains retenaient une part substantielle de leur contribution financière. Il m'a fallu des années de travail avec l'ambassadeur américain d'alors, Richard Holbrooke, pour amener les Etats-Unis à normaliser leur situation financière vis-à-vis de l'ONU. Aujourd'hui, nous sommes confrontés à une nouvelle menace du Congrès de suspendre leur contribution pour obtenir des réformes. Ces menaces interviennent alors que nous sommes engagés dans des réformes majeures de l'Organisation. Cela ne facilite pas le processus de réformes », a déclaré aujourd'hui le Secrétaire général dans une interview donnée au quotidien français Le Figaro en date du 16 juin.

« Celles-ci devront être décidées par les 191 pays membres. C'est une bonne chose qu'un pays comme les Etats-Unis fasse des propositions de réforme et s'engage pleinement. Mais ces propositions doivent être discutées par les pays membres, qui doivent pouvoir décider de façon calme et réfléchie, sans être soumis à des menaces », a poursuivi Kofi Annan en référence à la parution hier du rapport du groupe de travail de l'Institut américain pour la paix relatif à la réforme des Nations Unies, mandaté par le Congrès américain.

Dans un message transmis par son porte-parole, le Secrétaire général s'était déclaré encouragé par le fait que « ce rapport appuyait et approuvait ses initiatives et propositions clefs relatives à une large réforme institutionnelle, notamment la création d'une Commission de consolidation de la paix, le renforcement du Bureau des services de contrôle interne et autres mécanismes de contrôle ainsi que la revitalisation de l'appareil des droits de l'homme de l'ONU, dont la création d'un nouveau Conseil des droits de l'homme » (voir notre dépêche du 15 juin 2005).

« Les réformes que j'ai proposées sont toutes nécessaires parce que tout est lié. On ne peut pas avoir la sécurité sans le développement ; on ne peut avoir le développement sans la sécurité. Et on ne peut avoir ni sécurité ni développement si les droits de l'homme et l'Etat de droit ne sont pas respectés », a rappelé dans le Secrétaire général au Figaro, en référence au vaste programme de réformes des Nations Unies qu'il a proposé dans son rapport intitulé « Dans une liberté plus grande : développement, sécurité et droits de l'homme pour tous » et publié le 21 mardi dernier.

Interrogé par Le Figaro sur la réforme du Conseil et son élargissement, qui fait l'objet d'âpres débats, Kofi Annan a fait remarquer que « tout le monde convenait de la nécessité d'élargir le Conseil de sécurité ».

« Le monde a changé. Les structures du Conseil actuel sont calquées sur les réalités de 1945. Sur ce point, tous les Etats membres sont d'accord. C'est déjà une bonne base ! A partir de là, il y a des divergences. Il y a ceux qui voudraient voir un Conseil de 25 membres (contre 15 aujourd'hui) avec six nouveaux membres permanents ne disposant pas de veto. Et il y a ceux qui préféreraient la création de six membres semi-permanents, élus pour quatre ans ou davantage, et qui ne pourraient être réélus sans interruption entre deux participations au Conseil », a expliqué le Secrétaire général.

« Des consultations très serrées se déroulent sur ces questions entre les Etats membres. Il serait préférable qu'ils puissent prendre une décision par consensus. Mais si, au terme de ces discussions, un consensus ne peut être réalisé, je ne pense pas que cela doive être une excuse pour l'inaction. Car si une vaste majorité des Etats membres est favorable au changement, il faudra bien aller de l'avant sans attendre qu'un consensus à 100% soit atteint », a-t-il souhaité.Sur la question délicate du droit de veto, Kofi Annan a estimé qu'il n'était pas « réaliste » d'envisager de retirer le droit de veto des cinq membres permanents. « Cela créerait un problème politique énorme. Les Etats membres sont donc convenus que les Cinq gardent leur droit de veto sans en créer davantage ».

NATIONS UNIES Le secrétaire général se dit déterminé à engager des réformes malgré sa mise en cause dans la gestion du programme «Pétrole contre nourriture»
Kofi Annan : «Ne manquons pas l'occasion de réformer l'ONU»

Le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, a expliqué au Figaro le vaste programme de réformes qu'il a fait inscrire à l'ordre du jour du sommet prévu à New York, en septembre prochain, à l'occasion du soixantième anniversaire des Nations unies. Une véritable refonte de l'Organisation qui repose sur le triple pilier du développement, de la sécurité et des droits de l'homme. Annan revient également sur les informations – publiées mardi par le New York Times et démenties par l'ONU – selon lesquelles il aurait été au courant des agissements d'une compagnie qui employait son fils pour remporter un contrat en Irak dans le cadre du programme «Pétrole contre nourriture». Lire l'interview >>>


Un « leadership américain éclairé » est indispensable une fois surmontées les épreuves, estime Kofi Annan

"Les Etats-Unis sont devenus « indissociables d'un système international efficace fondé sur la primauté du droit, et indispensables à ce système"

Le Secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, a estimé le 10 juin 2004, lors d'une cérémonie de remise des diplômes aux étudiants de l'université d'Harvard, qu'une fois surmontées les épreuves de la « sécurité collective », de la « solidarité entre riches et pauvres » et du « respect mutuel entre les religions et les cultures », le système international aura « besoin d'un leadership américain éclairé ».

L'ONU « est ce que nous avons de mieux pour créer un monde stable et un ordre international globalement équitable sur la base de règles généralement acceptées », a déclaré Kofi Annan, dans son discours à la célèbre université américaine, à Cambridge (Massachusetts), où il a également reçu un diplôme. « Cette affirmation a très souvent été mise en doute au cours de l'année qui vient de s'écouler. »
Selon le Secrétaire général, « les États-Unis ressentent le besoin de définir leurs politiques et d'exercer leur leadership en tenant compte non seulement de leurs propres intérêts, mais aussi des intérêts du reste du monde et de principes universels ».

Il a rappelé qu'après avoir fondé l'ONU avec leurs partenaires, et, au cours des 60 dernières années, « créé une économie mondiale ouverte, encouragé le respect des droits de l'homme et la décolonisation et aidé l'Europe à se transformer en une communauté d'États fondée sur la coopération », les Etats-Unis sont devenus « indissociables d'un système international efficace fondé sur la primauté du droit, et indispensables à ce système ».

« La puissance des États-Unis est un ingrédient essentiel du mélange », a-t-il observé. « Mais ce qui rend cette puissance opérante, en tant qu'instrument de progrès, c'est la légitimité qu'elle acquiert quand elle est déployée dans le cadre du droit international et des institutions multilatérales et dans l'intérêt général », a-t-il ajouté, considérant que « ces dernières semaines, les États-Unis se sont rendu compte une fois de plus qu'ils avaient besoin, pour qu'un gouvernement provisoire crédible puisse être installé en Iraq, de la légitimité que l'Organisation des Nations Unies est la seule à pouvoir conférer ».

Néanmoins, selon Kofi Annan, « ces principes sont compromis par une triple crise qui met en péril l'ONU, en tant que système, et les Etats-Unis en tant que leader mondial » : une « crise de la sécurité collective », une « crise de la solidarité mondiale » et une « crise qui se traduit par des divisions culturelles ». Cette triple crise « demande que l'ONU et les États-Unis se montrent à la hauteur de leurs idéaux et de leurs traditions ».

La première crise, qui est aussi « la plus visible », se manifeste par le terrorisme international et le risque de prolifération des armes de destruction massive. Elle a « culminé l'année dernière, lors du désaccord qu'a suscité l'Iraq ». « Nous ne pouvons pas abandonner notre système de règles, mais nous devons l'adapter à de nouvelles réalités, et trouver des réponses à des questions difficiles », a-t-il insisté.

La deuxième crise pèse sur la vie de millions de personnes. Les pays riches ont un « rôle essentiel à jouer » pour permettre aux plus pauvres d'atteindre d'ici à 2015 les objectifs du Millénaire, « qui consistent notamment à réduire de moitié le nombre de personnes qui n'ont pas d'eau potable, à donner aux filles, sur le même pied qu'aux garçons, la possibilité d'aller au moins à l'école primaire, de réduire considérablement la mortalité infantile et maternelle et d'endiguer la propagation du VIH/sida ».

Pour surmonter la troisième crise, « celle qui résulte des préjugés et de l'intolérance », « nous ne devons pas nous laisser aller à blâmer « l'Islam » ou à soupçonner tous les Musulmans, sous prétexte que quelques Musulmans ont commis des actes de violence et de terrorisme », de même que « nous ne pouvons autoriser l'antisémitisme à prospérer sous l'apparence d'une réaction aux politiques du Gouvernement israélien, pas plus que nous ne devons laisser toute remise en cause de ces politiques être étouffée sous des accusations d'antisémitisme » et « nous ne devons pas permettre que dans le monde musulman, les Chrétiens soient traités comme si leur religion faisait d'eux des agents de l'impérialisme occidental ».

« Ce sont donc là les trois grandes épreuves que notre système doit surmonter, en ces premières années du nouveau siècle », a poursuivi le Secrétaire général. « Mais une fois de plus, nous aurons besoin d'un leadership américain éclairé. »


Le monde est prêt à accepter un leadership américain fondé sur le multéralisme, a affirmé Kofi Annan à Los Angeles

En visite à Los Angeles, Kofi Annan a prédit que le monde était prêt, malgré les dissensions récentes à accepter un leadership des Etats-Unis qui s'exercerait dans le cadre du multilatéralisme et du dialogue. Il a rappelé le rôle moteur de ce pays dans la création de l'ONU et affirmé que ce faisant, il avait donné au monde, en aidant à le doter d'une organisation irremplaçable, une raison d'espérer.

Lors d'un voyage de deux jours à Los Angeles, le Secrétaire général, s'exprimant le 4 décembre 2003 devant le « World Affairs Council », est revenu sur l'histoire de l'ONU et de l'engagement des Etats-Unis à son égard qui loin d'être « le produit d'une politique partisane » a été marquée par la ratification de la Charte des Nations Unies « l'un des grands actes bipartisans de l'histoire américaine », a affirmé Kofi Annan rappelant que le Sénat s'était prononcé par 89 voix contre 2 en faveur de cette charte.

« Depuis sa création, l'Organisation des Nations Unies porte par conséquent l'empreinte des Etats-Unis et les dirigeants américains l'ont toujours considérée comme essentielle à la sécurité du pays », a déclaré Kofi Annan.

Il a également évoqué le bilan de l'action de l'ONU, un bilan qui « est loin d'être parfait », a-t-il dit, rappelant que « le Conseil de sécurité (...) n'avait pu empêcher des atrocités telles que celles commises par les Khmers rouges au Cambodge, le nettoyage ethnique en ex-Yougoslavie et le génocide au Rwanda. »

Toutefois et, « pour paraphraser un autre Américain, Henry Cabot Lodge, que l'un de mes prédécesseurs, Dag Hammarskjöld, aimait à citer, l'Organisation n'a pas envoyé l'humanité au paradis, mais elle a joué un rôle vital pour la préserver de l'enfer », a-t-il déclaré.

Il a fait observer que, « malgré l'équilibre précaire de la terreur nucléaire, qui aurait pu sonner le glas de l'humanité à tout moment, le monde n'a plus connu de conflit universel comme il l'avait fait deux fois en l'espace de 30 ans », que l'ONU « a permis d'aborder de nombreuses questions de sécurité et contribué à écarter la menace d'holocauste nucléaire » et qu'elle a « offert aux Etats une tribune essentielle pour débattre et échanger leurs vues, notamment lors de la crise des missiles cubains. »

En Corée du Nord, et aussi en Iraq au lendemain de l'invasion du Koweït, elle a permis « de préserver la paix et de faire cesser l'agression. (...) Elle a joué un rôle essentiel dans le règlement de la crise des otages au Liban et du conflit entre l'Iran et l'Iraq et dans le rétablissement d'une paix durable au Kosovo », a poursuivi Kofi Annan.

« Ce sont les soldats de la paix qui ont empêché les conflits au Moyen-Orient, au Cachemire, à Chypre, en Géorgie et ailleurs de dégénérer et de déstabiliser encore davantage la planète. Grâce à l'ONU, la paix a été rétablie dans de nombreux pays, notamment au Cambodge, en El Salvador, au Guatemala, au Mozambique, en Namibie, en Sierra Leone et au Timor oriental, pour ne parler que des 15 dernières années », a-t-il encore ajouté avant d'évoquer l'amorce de règlement au Moyen-Orient « pour lequel les résolutions 242, 338 et 1397 du Conseil de sécurité demeurent la base communément admise d'une solution prévoyant deux Etats. »

Rappelant encore l'aide apportée par l'organisation à des millions de personnes touchées par la guerre, la famine et les inondations et le rôle de ses organes subsidiaires, tels que la Banque mondiale, le Fonds monétaire international et l'Organisation mondiale du commerce et le GATT « qui ont permis de faire au cours du demi-siècle qui vient de s'écouler des progrès remarquables », le Secrétaire général a fait valoir que « à mesure que la logique d'empire cédait le pas à l'expansion économique, le monde devenait de plus en plus ouvert, de plus en plus confiant. »

Il « a rarement été aussi uni que dans les mois qui ont suivi les attentats du 11 septembre - uni et solidaire des Etats-Unis - , a-t-il souligné pour regretter aussitôt : « Mais comme ce moment d'unité semble loin aujourd'hui! »

« Des dissensions ont opposé la coalition qui est intervenue en Iraq et les nombreux gouvernements qui étaient contraires à une telle intervention.(...) Les gouvernements et les médias, en sont venus aux insultes », a-t-il rappelé, tout en faisant valoir qu'en « voulant faire taire tous ceux qui ne sont pas d'accord, on risque de se priver de conseils avisés. »

« Je considère pour ma part que tous ces événements ne font que confirmer l'utilité de l'ONU. L'action collective est nécessaire pour mettre fin à la prolifération des armes de destruction massive et pour reconstruire les sociétés en perdition. », a affirmé Kofi Annan face à son auditoire de la Côte Ouest américaine.

Il a défendu l'action collective comme étant le moyen « indispensable pour faire progresser les droits de l'homme et la démocratie, pour enrayer le réchauffement de la planète et la destruction de l'environnement et pour stopper la propagation du VIH/sida", domaine, a-t-il dit, « dans lequel le Président Bush a pris quelques initiatives encourageantes. »
« Notre pire ennemi est peut-être la peur », a encore ajouté Kofi Annan. « Si nous nous laissons gouverner par elle, semant du même coup la division, nous risquons de perdre la plupart des acquis que nous avons engrangés en un demi-siècle. »

« Je pense que le monde est prêt à accepter le leadership des Etats-Unis, mais je pense aussi que ce leadership suscitera davantage d'admiration et moins de ressentiment, et sera en fait plus efficace, s'il s'exerce dans un cadre multilatéral, repose sur le dialogue et l'instauration progressive d'alliances par la diplomatie et s'il contribue à renforcer la primauté du droit dans les relations internationales », a-t-il déclaré.

« En 1945, les Etats-Unis ont joué un rôle moteur dans la création de l'ONU; le monde y a gagné une institution irremplaçable et une raison d'espérer. L'ONU n'est pas parfaite, mais elle est indispensable à la sécurité et au progrès de toutes les nations, y compris la vôtre.(...) Je crois fermement que l'ONU représente l'espoir pour les femmes comme pour les hommes, pour les pauvres comme pour les riches et pour tous les pays, qu'ils soient grands ou petits », a conclu le Secrétaire général.


Plus de ressources pour une réforme de l'ONU, demande Mark Malloch Brown au Congrès américain

« Bien que l'ONU ait connu plus de réformes sous Kofi Annan que sous aucun autre de ses prédécesseurs, ce dernier se félicite de votre intention de faire de l'ONU l'instrument le plus efficace possible dans l'intérêt des peuples qu'il sert »

Devant le Comité des relations internationales de la Chambre des représentants, le chef de Cabinet de Kofi Annan a estimé le 19 mai 2005 que l'ONU ne souffre ni d'un excès de personnel ou de ressources, ni d'un défaut de surveillance de la part des Etats Membres. Il a engagé les Etats-Unis à faire cause commune avec les pays attachés à la réforme de l'ONU et présenté les mesures de réforme interne mises en oeuvre par l'Organisation pour la rendre plus flexible, plus responsable et plus transparente.

« Bien que nous ayons fait d'énormes progrès ces dernières années dans de nombreux domaines d'activité, par exemple avec la création du Bureau de la Coordination des Affaires humanitaires (OCHA), qui a mené les opérations d'assistance aux victimes du Tsunami, nous avons encore de véritables problèmes d'audit, de responsabilité dans la gestion, d'ouverture financière et d'efficacité auxquels il faut remédier d'urgence », a déclaré aujourd'hui Mark Malloch Brown, chef de Cabinet du Secrétaire général, lors d'un exposé devant le Comité des relations internationales de la Chambre des Représentants du Congrès des Etats-Unis.

« Bien que l'ONU ait connu plus de réformes sous Kofi Annan que sous aucun autre de ses prédécesseurs, ce dernier se félicite de votre intention de faire de l'ONU l'instrument le plus efficace possible dans l'intérêt des peuples qu'il sert », a déclaré Mark Malloch Brown, engageant son auditoire à faire « cause commune » avec les nombreux autres pays du monde, dont d'importants contributeurs, qui sont aussi engagés envers la réforme de l'ONU.

« L'objectif commun est donc d'adapter l'ONU aux besoins du XXIème siècle », ce qui signifie « rien moins qu'une transformation des Nations Unies », d'une entité consacrée à l'organisation de conférences et à la rédaction de rapports à une organisation équipée pour entreprendre de vastes et complexes missions internationales », du maintien de la paix aux efforts humanitaires.

Devant le Comité des relations internationales de la Chambre des représentants, Mark Malloch Brown a souligné que « si nous sommes d'accord sur les symptômes, il se peut que nous soyons en désaccord sur des points fondamentaux du diagnostic : pour moi l'ONU ne souffre ni d'un excès de personnel ou de ressources, ni d'un défaut de surveillance de la part des Etats Membres ».
Au contraire, « l'ONU bénéficie de trop peu de ressources, tant humaines que financières », pour faire le travail qu'on lui réclame.

Prenant l'exemple des abus des casques bleus, Mark Malloch Brown a ainsi rappelé que trop souvent les contingents des pays contributeurs n'acceptaient pas le résultat des enquêtes de l'ONU et qu'il y avait un déploiement inadéquat de membres de la police militaire.
« Ce n'est pas surprenant lorsque l'on se rend compte que l'ONU mène 18 missions de maintien de la paix dans le monde, comprenant 67.000 militaires, pour un budget de 4,5 milliards de dollars », ce qui représente moins de 1% du total des dépenses militaires mondiales.
« C'est une bonne affaire - peut-être même trop bonne », a-t-il déclaré.

Le chef de Cabinet a par ailleurs souligné que l'ONU était aussi trop surveillée, notamment dans le domaine de la gestion du personnel, où le Secrétaire général a moins d'autonomie pour déplacer les ressources que certains chefs d'agences gouvernementales américaines.
Le nombre inimaginable de contraintes inter-gouvernementales correspond souvent à de la micro-gestion, a-t-il souligné.

Décrivant trois phases de réformes, le chef de Cabinet de Kofi Annan a d'abord mentionné les réformes immédiates de gestion, qui sont déjà en cours de mise en oeuvre, « avec un calendrier précis », ainsi que l'avait exposé cette semaine Louise Fréchette, Vice-Secrétaire générale de l'ONU (voir la dépêche du 17 mai 2005).

« Parmi elles, des mesures pour améliorer les résultats des cadres supérieurs, améliorer le suivi et la responsabilité, garantir un comportement éthique, et pour accroître la transparence, notamment en imposant une obligation d'information de nature financière plus rigoureuses de la part des hauts responsables ».

Autre point important : des mesures pour mieux protéger contre d'éventuelles représailles ceux qui sonnent l'alarme sur les abus et une action concrète