Ce site est conçu et réalisé par © 2000-2005 |
Appel à l’action en faveur de la sécurité alimentaire en Afrique Par Kofi Annan
Le peuple et le Gouvernement du Niger traversent une multitude d’épreuves redoutables, dont la faim, une sécheresse persistante, l’avancée de la désertification, des invasions de criquets pèlerins et des marchés régionaux en déconfiture. Des organismes publics et des associations de la société civile se mobilisent à présent pour venir en aide aux plus nécessiteux, en particulier les enfants. La détresse dont j’ai été témoin au Niger est profonde, mais certains signes montrent que le pays devrait être capable de surmonter cette crise, et de nous apprendre des choses à tous. Quoique tardivement, le reste du monde vole au secours du Niger. Mais le même spectre - celui d’une famine survenant dans un climat généralisé d’insécurité alimentaire - hante près de 20 millions de personnes dans d’autres régions du Sahel, dans le sud du Soudan, en Éthiopie, en Érythrée, en Somalie et en Afrique australe. Si nous agissons sans attendre, ce spectre pourra être conjuré. Selon le Programme alimentaire mondial, un Africain sur trois souffre de malnutrition. Chaque année, des centaines de milliers d’enfants africains, affaiblis par la malnutrition et la faim, connaissent une mort qui aurait pu être évitée. Tant l’activité humaine que la nature entrent en jeu. Au Sahel, la désertification et la dégradation de l’environnement privent la population de terres cultivables et d’eau potable, la vouant ainsi à la famine. La médiocrité des performances des marchés régionaux fait que de nombreux ménages pauvres n’ont pas les moyens de s’alimenter. La sécheresse qui a suivi les invasions de criquets de l’an dernier a été un véritable désastre pour la population de cette région aride et fragilisée. La pauvreté, annonciatrice de la faim, est l’éternelle toile de fonds de toute cette détresse. Ce n’est pas un hasard que le Sahel occidental, terre d’élection de la faim, est une des régions les plus pauvres et les plus inaccessibles de la planète. Et la faim, à son tour, fait souvent le lit de l’instabilité sociale, des émigrations massives, de la maladie et de la violence. Homère l’a bien dit il y a des siècles : « la faim est pleine d’insolence ». Nous devons chercher à régler le problème de la sécurité alimentaire à ses premiers stades, avant que la souffrance ne gagne du terrain et que secourir les plus vulnérables ne devienne une entreprise très coûteuse. S’il n’y a ni remède miracle ni solution unique à la disette, il a tout de même beaucoup de choses à faire. Premièrement, il nous faut mieux analyser le système de l’alerte rapide. Dans les premiers temps, au Niger, la communauté internationale n’a pas su faire la différence entre une situation classique – un pays pauvre qui se débat pour subvenir aux besoins de sa population – à une véritable situation d’urgence. Certains des remèdes préconisés n’étaient donc pas ceux que dictaient des circonstances devenues dramatiques. Deuxièmement, il faut que suffisamment de fonds soient disponibles à l’avance pour que les gouvernements, les organismes des Nations Unies et les organisations non gouvernementales puissent se préparer à intervenir et déployer plus rapidement du personnel. Une des principales réformes que je souhaite voir examinée au sommet mondial qui se tiendra le mois prochain consisterait à décupler les réserves disponibles dans le Fonds de secours des Nations Unies pour que les organismes d’aide des Nations Unies puissent lancer rapidement des opérations de secours. Troisièmement, nous devons privilégier la prévention. L’allégement de la dette, l’accroissement de l’aide et des réformes des régimes commerciaux régionaux et internationaux allant dans un sens favorable aux pauvres sont autant d’éléments propres à favoriser le développement de la production agricole locale. En développant l’agriculture irriguée, on pourrait également réduire la dépendance à l’égard de pluies irrégulières et améliorer la production alimentaire. De manière générale, il est grand temps d’exploiter les progrès scientifiques et l’expérience acquise en Asie et ailleurs afin d’amorcer une révolution verte en Afrique. On le sait, prévenir revient moins cher que guérir. Mais lorsqu’il est trop tard, lorsqu’une crise s’est déjà déclarée, il ne peut plus être question de subordonner l’octroi de l’aide d’urgence qui permettra de sauver des vies à un quelconque objectif d’autonomie pour l’avenir. C’est aux êtres humains, et non aux grands principes, qu’il faut penser d’abord. Quatrièmement, nous devons consolider les structures de la région et exploiter ses points forts. La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) se montre de plus en plus apte à faire face aux problèmes humanitaires et aux menaces qui pèsent sur la paix et la sécurité dans la région. Le Nouveau Partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD) gagne en importance en tant que cadre de coopération entre les pays d’Afrique et les donateurs bilatéraux et multilatéraux. Tous deux méritent de bénéficier d’un soutien international accru. Cinquièmement, chacun doit accepter sa part de responsabilité au lieu de rejeter la faute sur autrui. Tous les intéressés – les gouvernements de la région, les donateurs, les institutions financières internationales et les organismes d’aide – ont une part de responsabilité dans la crise. Nous avons tous mis trop de temps à réagir : à comprendre la situation, à déployer du personnel, à dégager des ressources. Le défi que nous devons collectivement relever à ce stade, c’est d’éviter que des populations ne souffrent inutilement, de nous doter des moyens de réagir plus vite et de renforcer les mécanismes d’adaptation et de survie des populations locales pour que les problèmes de sécurité alimentaire soient abordés comme un continuum, de façon globale et à long terme. Le Sahel ne pourra se développer, prospérer ou être véritablement libre tant que ses habitants auront le ventre creux. Ni Sueba, ni Zulayden, ni des millions d’autres Sahéliens ne seront vraiment libres tant que la pauvreté continuera d’ébrécher leur dignité d’êtres humains. Pour eux, et pour les générations futures, nous devons sans plus attendre mettre fin à la calamité qu’est la faim en Afrique. Conjurer
une crise alimentaire sournoise en Afrique Les gouvernements africains, les organisations de développement internationales et les experts de pêches du monde entier se sont réunis le 22 Août 2005, à Abuja (Nigeria), pour une conférence de trois jours. Ils examineront comment les pêches et l'aquaculture peuvent produire davantage pour nourrir le continent affligé par la faim. >>> LE HAUT REPRÉSENTANT POUR LES PMA EXHORTE LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE À APPORTER D'URGENCE UNE AIDE AUX PAYS AFRICAINS DE CE GROUPE, TOUCHÉS PAR LES PÉNURIES ALIMENTAIRES « Des millions de personnes font face à la crise qui menace la sécurité alimentaire des pays les moins avancés d'Afrique. En dehors du Niger, les pays ayant besoin d'une assistance internationale urgente sont le Burkina Faso, le Tchad, l'Érythrée, le Mali, le Malawi, la Mauritanie, le Mozambique, le Sénégal et le Zimbabwe », a déclaré, le 17 août 2005, Anwarul Chowdhury, Secrétaire général adjoint des Nations Unies et Haut Représentant pour les PMA, les pays sans littoral et les petits États insulaires en développement. >>> CONSEIL DE SÉCURITÉ: LE DIRECTEUR EXÉCUTIF DU PAM DÉCRIT LA LUTTE CONTRE LA FAIM COMME UN INSTRUMENT DE PRÉVENTION DES CONFLITS « Un homme affamé est un homme en colère. » Ces mots du Président de l'Union africaine ont été repris, le 30 juin 2005, par le Directeur exécutif du Programme alimentaire mondial (PAM) pour démontrer aux membres du Conseil de sécurité, la véritable menace à la paix et à la sécurité que constituent les crises alimentaires. James Morris a voulu les convaincre de la nécessité de hisser la lutte contre la faim au rang d'instrument de prévention des conflits. >>> MESSAGE DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL À LA CONFÉRENCE « BIODIVERSITÉ 2005 » Vous trouverez ci-après le texte du message du Secrétaire général, M. Kofi Annan, à la conférence « Biodiversité 2005 » tenue le 24 janvier 2005 à Paris. Ce message a été lu par M. Koichiro Matsuura, Directeur général de l'UNESCO: >>> IL FAUT MOBILISER LES RESSOURCES SCIENTIFIQUES ET TECHNOLOGIQUES POUR PROVOQUER UNE RÉVOLUTION VERTE EN AFRIQUE, DÉCLARE KOFI ANNAN On trouvera ci-après le texte des remarques prononcées le 25 juin 2004 par le Secrétaire général, M. Kofi Annan, lors du lancement du rapport du Conseil interacadémique « Concrétiser les promesses et le potentiel de l'agriculture africaine: stratégies scientifiques et technologiques pour améliorer la productivité agricole et la sécurité alimentaire en Afrique »: >>> MESSAGE DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL À L'OCCASION DE LA JOURNÉE MONDIALE DE L'ALIMENTATION On trouvera ci-après le message du Secrétaire général à l'occasion de la Journée mondiale de l'alimentation célébrée le 16 octobre 2004: Quelque 840 millions de personnes dans le monde souffrent de faim chronique. Jamais, il n'y a eu autant d'affamés. Cela est inacceptable dans un monde d'abondance. Notre planète a de quoi nourrir tous ses habitants, hommes, femmes et enfants, mais nous devons faire beaucoup mieux sur divers plans - politique, économique, scientifique et logistique - si nous voulons atteindre l'objectif du Millénaire pour le développement qui consiste à réduire de moitié, d'ici à 2015, la proportion de gens qui souffrent de la faim. >>> Les trois agences alimentaires des Nations Unies applaudissent au recentrage politique sur la faim et la pauvrete rurale Les chefs des trois agences s'entretiennent avec le Président Chirac; aide d'urgence et investissements accrus constituent une approche sur deux axes Au cours d'une réunion, tenue le 1er mars 2004, avec le Président français Jacques Chirac, les chefs des trois agences alimentaires des Nations Unies basées à Rome ont applaudi au nouvel élan imprimé au combat contre la faim et la pauvreté rurale et renouvelé leur engagement d'intensifier leur appui aux efforts déployés par les pays pour réduire la faim et la pauvreté de moitié d'ici à 2015, un des objectifs prioritaires de la Déclaration du Millénaire de 2000. >>> POUR ATTÉNUER LA FAIM ET LA PAUVRETÉ DANS LES PAYS EN DÉVELOPPEMENT, LA FAO ET LA COMMISSION EUROPÉENNE SCELLENT UN PARTENARIAT STRATÉGIQUE La Commission européenne et la FAO ont signé, le 13 septembre 2004, un accord de partenariat stratégique visant à revigorer leurs efforts communs pour atténuer la pauvreté, promouvoir le développement agricole et lutter contre la faim dans les pays en développement. >>> LE TRAITE SUR LA BIODIVERSITE AURA FORCE DE LOI Douze pays européens et la Communauté européenne ont ratifié, le 31 mars 2004, le Traité international sur les ressources phytogénétiques pour l'alimentation et l'agriculture, déclenchant ainsi le compte à rebours de trente jours pour l'entrée en vigueur du texte. >>> Visitez
le site de la Commission des ressources génétiques
pour l'alimentation et l'agriculture http://www.fao.org/ag/cgrfa/French/Default.htm;
et pour la liste des pays qui ont ratifié le Traité:
http://www.fao.org/Legal/TREATIES/033s-f.htm. RECHERCHE SCIENTIFIQUE, NOUVELLES TECHNOLOGIES ET INVESTISSEMENTS DANS L'INFRASTRUCTURE RURALE SONT LES CLEFS DE LA SÉCURITÉ ALIMENTAIRE EN AFRIQUE Lancement du rapport de l'Interacademy Council sur les moyens d'améliorer la productivité agricole du continent Le 25 juin 2004 a été lancé au Siège des Nations Unies, en présence du Secrétaire général, Kofi Annan, et de l'Administrateur du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), Mark Malloch Brown, un rapport de l'organisation non gouvernementale (ONG) basée aux Pays-Bas, Interacademy Council, sur les potentialités de l'agriculture africaine à l'heure où la situation alimentaire du continent -200 millions de personnes mal nourries- contraste avec la richesse de la diversité de ce dernier. >>> Pour davantage d'information, visitez le site de http://www.InteracademyCouncil.net. LA PRODUCTION CÉRÉALIÈRE MONDIALE AUGMENTE PARALLÈLEMENT À LA CONSOMMATION Le criquet pèlerin menace les cultures dans le Sahel, selon le rapport "Perspectives alimentaires" La production céréalière mondiale devrait atteindre 1 milliard 985 millions de tonnes en 2004, soit 29 millions de tonnes de plus par rapport aux prévisions établies en juin 2004, indique la FAO. Les récoltes de blé en Europe ont dépassé les prévisions alors qu'aux États-Unis les conditions climatiques ont dopé la production de maïs. Les chiffres ont donc été révisés, comme on peut le lire dans l'édition de septembre 2004 du rapport Perspectives alimentaires de la FAO. >>> CONFERENCE INTERNATIONALE SUR LE RIZ A ROME L'intensification de la production rizicole de manière économiquement durable et dans le respect de l'environnement est essentielle pour la sécurité alimentaire, en particulier en Asie et en Afrique, souligne la FAO. Une Conférence internationale sur le riz s'est tenue au siège de la FAO, à Rome, les 12 et 13 février 2004. Intitulée « le riz sur les marchés mondiaux et les systèmes de production durables », elle vise à mobiliser la communauté internationale afin d'affronter les questions les plus pressantes en matière de production et de commercialisation du riz. >>> Des détails sont disponibles sur http://www.rice2004.org. MOTS D'ORDRE AU CODEX : DILIGENCE ET PARTICIPATION ACCRUE DES PAYS EN DÉVELOPPEMENT Approbation d'une vingtaine de normes sur la qualité et la salubrité des aliments La 27e session de la Commission du Codex Alimentarius se tient du 28 juin au 3 juillet 2004, au Centre international de conférences, pour mettre en application les dernières recommandations de la FAO et de l'OMS en matière de qualité et de salubrité des aliments. >>>
|
||||||||||