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Sergio Vieira de Mello Incarnation des valeurs des Nations Unies, l'homme des situations urgentes et difficiles, Sergio Vieira de Mello, Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies en Irak, a trouvé la mort le 19 août dernier dans l'attentat terroriste perpétré contre le siège de l'ONU à Bagdad.
Lors d´une réunion à New York du personnel de l´Organisation, tenue le 21 août et retransmise en direct dans tous les bureaux de l´ONU, pour rendre hommage aux victimes de l'attentat, le Secrétaire général a rendu hommage à Sergio Vieira de Mello, son Représentant spécial en Iraq, et à tous ceux et celles qui ont perdu la vie. « Qu'il s'agisse d'un employé de bureau, d'un juriste, d'un chauffeur ou du représentant spécial, qu'il s'agisse d'Iraquiens ou d'étrangers, chacun de ces hommes et femmes apportait une contribution unique, sans prix, à notre travail commun », a déclaré Kofi Annan. « Chacun était attaché au respect des droits de l'homme, à la souveraineté et au bien-être du peuple iraquien. Beaucoup avaient déjà servi dans d'autres pays pour répondre aux besoins d'autres peuples. Chacun était exposé à des privations, sans parler de la nostalgie de leur foyer et de leur attachement à une vie plus tranquille, et chacun avait surmonté ses craintes afin d'aider les Iraquiens à sortir d'une période de terribles souffrances », a-t-il ajouté. « L'Organisation des Nations Unies ne sera pas inutilement imprudente. Elle ne se laissera pas non plus intimider. Le service des Nations Unies n'est pas simplement un emploi. C'est une vocation, et ceux qui nous ont odieusement attaqués ne nous en détourneront pas. Nous trouverons un moyen de poursuivre notre action, c'est-à-dire de continuer à aider les Iraquiens à reconstruire leur pays, à regagner leur souveraineté sous les dirigeants de leur choix », a indiqué Kofi Annan. « À l'heure actuelle, nous savons que 23 de nos collègues sont morts, mais 10 seulement ont été identifiés. Ce chiffre pourrait encore augmenter, car certains des blessés sont dans un état critique, tandis que d'autres sont toujours portés disparus et sont peut-être enfouis sous les décombres. L'effort fait pour retrouver les corps, les identifier, progresse avec une douloureuse lenteur », a-t-il précisé en ajoutant que toutes les ressources du système des Nations Unies étaient actuellement mobilisées pour faire face à cette situation exceptionnelle. « Le personnel des Nations Unies avait déjà été auparavant la cible d'attaques graves. Nous avons trop souvent eu l'occasion, ces dernières années de nous réunir pour pleurer nos collègues morts et pour en saluer la mémoire. Mais l'attaque perpétrée mardi était beaucoup plus délibérée, beaucoup plus odieuse encore que toutes celles qui l'ont précédée », a déclaré Kofi Annan. « Cela nous oblige à nouveau à examiner les conditions dans lesquelles nous travaillons. Certaines de ces conditions devront peut-être changer, si triste et douloureux que soit ce changement », a-t-il ajouté. PORTRAIT
Né
le 15 mars 1948 à Rio de Janeiro, Sergio Vieira de Mello a passé
l'ensemble de sa carrière au service de l'ONU. Après avoir fait
des études de philosophie à Paris et obtenu un doctorat d'État
à la Sorbonne, il a fait ses premiers pas dans l'administration
au Haut Commissariat pour les réfugiés à Genève, en 1969. La communauté internationale condamne l'attentat et salue la mémoire de Sergi Vieira de Mello
Brésil. Le président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, a décrété un deuil national de trois jours au Brésil après avoir reçu la confirmation de la mort du Brésilien Sergio Vieira de Mello. Le président a estimé que Sergio Vieira de Mello avait "été victime d'un acte de folie du terrorisme". Grande-Bretagne. Le premier ministre britannique, Tony Blair, s'est dit "choqué et attristé" par l'attentat, estimant que cet acte "atroce" soulignait l'importance de la présence de la coalition américano-britannique en Irak. Dans un communiqué diffusé à Londres, M. Blair a déclaré que "les auteurs de cette atrocité ont fait montre d'une lâcheté absolue et sont les ennemis non seulement de l'ONU et de la coalition mais aussi du peuple irakien". "Nous ne permettrons pas à des terroristes d'affaiblir notre détermination à promouvoir un Irak meilleur". Etats-Unis. Le président George W. Bush a condamné l'attentat "terroriste", déplorant la mort de Sergio Vieira de Mello, tout en affirmant que les forces américaines contiNUeront leur mission en Irak. "Le monde civilisé ne sera pas intimidé et ces tueurs ne détermineront pas l'avenir de l'Irak", a affirmé M. Bush lors d'une brève intervention à Crawford, en promettant de "continuer la guerre contre le terrorisme jusqu'à ce que les responsables soient jugés". Les auteurs de cet attentat "sont les ennemis du peuple irakien. Ce sont les ennemis de toutes les nations qui souhaitent aider le peuple irakien". Union européenne. "La présidence italienne de l'Union européenne a exprimé aujourd'hui (mardi) sa plus vive condamnation de l'attentat haineux perpétré contre le QG des Nations unies à Bagdad", a-t-elle déclaré dans un communiqué. L'UE a ajouté soutenir entièrement le travail réalisé par l'ONU en Irak depuis la fin de l'invasion américano-britannique. "En même temps, la présidence a réaffirmé la volonté de l'UE de prendre part à la reconstruction de l'Irak dans le contexte de la résolution du Conseil de sécurité des Nations unies." Vatican. Le pape Jean Paul II a adressé un message de condoléances au secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan. "Le pape a été profondément attristé par la nouvelle de l'explosion ayant provoqué des morts et des blessés au siège des Nations unies à Bagdad et vous adresse ses condoléances, ainsi qu'à toutes les personnes travaillant pour l'organisation et aux familles et amis des personnes décédées", a déclaré le cardinal Angelo Sodano, dans un communiqué rédigé en anglais. France. Le président français, Jacques Chirac, a exprimé sa "consternation" et sa "colère". "Des actes aussi odieux ne peuvent que susciter l'indignation et une condamnation sans réserve", écrit le chef de l'Etat dans un message au secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, rendu public par le service de presse de l'Elysée, peu avant l'annonce de la mort de Sergio Vieira de Mello. Le président de la République adresse, dans ce message, ses "pensées" au représentant spécial dont on avait annoncé alors qu'il était blessé. "Son action intelligente et courageuse, conduite sous votre autorité, valent une estime et une admiration unanimes." Espagne. Le chef du gouvernement espagnol, José Maria Aznar, a condamné l'attentat. "Personne ne peut rester neutre devant un tel attentat, a déclaré M. Aznar. La communauté internationale doit faire face avec fermeté et détermination au terrorisme sous toutes ses formes et n'importe où dans le monde." Allemagne. Le chancelier allemand, Gerhard Schröder, a déploré une "perte particulièrement douloureuse" après l'annonce de la mort de Sergio Vieira de Mello, dans un télégramme adressé au secrétaire général de l'ONU. "Cet attentat vise la présence et l'engagement de l'ONU en Irak, qui sont entièrement au service du peuple irakien, a souligné M. Schröder. C'est un attentat contre la communauté internationale. C'est aussi un attentat contre l'avenir du peuple irakien." Tunisie.
Dans
un communiqué diffusé le 20 août, le ministère tunisien
des Affaires étrangères "condamne énergiquement
cet acte criminel" et réaffirme "son rejet catégorique"
de toute action visant à saper les efforts déployés
par l'organisation onusienne et la communauté internationale
pour aider l'Irak et son peuple à recouvrer la sécurité
et la stabilité et à mener à bien le processus
de reconstitution du pays. Turquie. Ankara "condamne fermement cet acte de violence. Ceux qui cherchent à empêcher la stabilité en Irak et dans la région se sont dressés directement contre la communauté internationale sous les auspices des Nations unies, a déclaré le ministère des affaires étrangères turc. Cet acte brutal amènera la communauté internationale à coopérer dans des efforts communs pour établir la paix et la stabilité en Irak". Ligue arabe. Le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, qui a appris avec "consternation" l'attentat contre le siège de l'ONU, a téléphoné à Kofi Annan pour lui exprimer ses condoléances. "Il s'agit d'un crime terroriste grave qui vise la présence de l'ONU en Irak, a affirmé la Ligue dans un communiqué. La Ligue arabe appelle toutes les forces politiques en Irak à s'unir pour empêcher de tels actes qui ne servent pas l'intérêt du peuple irakien. Arabie saoudite. L'Arabie saoudite a condamné l'attentat. "Le gouvernement d'Arabie saoudite condamne énergiquement l'explosion perpétrée contre le quartier général de l'ONU à Bagdad et dénonce de tels actes", a indiqué, mercredi, l'agence SPA citant un porte-parole officiel. Iran. Le ministre des affaires étrangères iranien, Kamal Kharazi, a rendu hommage au représentant spécial de l'ONU en Irak, Sergio Vieira de Mello et a appelé à suivre la voie qu'il avait tracée, a rapporté l'agence officielle IRNA. "M. de Mello remplissait sa mission avec cœur. (...) Il essayait de faire en sorte que les Nations unies remplissent la leur pour que le peuple irakien puisse présider lui-même à sa destinée, a déclaré le chef de la diplomatie iranienne. C'est la voie convenable et, dès que possible, les affaires des Irakiens doivent être remises entre les mains des Irakiens eux-mêmes." Koweït. Le premier ministre, cheikh Sabah Al-Ahmed Al-Sabah, cité par l'agence KUNA, a vivement condamné cet "acte criminel" dans un télégramme de condoléances adressé au secrétaire général des Nations unies. Selon lui, cet "acte criminel est dirigé contre des innocents et vise à entraver les efforts humanitaires de l'ONU". Australie. Le premier ministre, John Howard, a rendu hommage à Sergio Vieira de Mello, dont il a qualifié la mort "de particulièrement douloureuse pour les Nations unies et pour la communauté internationale". "Sa mort, et celles des nombreux autres employés des Nations unies démontrent que personne n'est à l'abri des terroristes". Indonésie. Djakarta a exprimé son indignation face à l'attentat. "En tant que pays qui est devenu une victime du terrorisme, nous savons que les terroristes frappent aveuglément provoquant des victimes parmi les innocents et les gens sans défense", a déclaré le porte-parole du ministère des affaires étrangères indonésien, Marty Natalegawa, selon le site d'information Detikcom. Le porte-parole a exprimé les condoléances aux Nations unies et aux familles des victimes de l'attentat, rappelant que M. Vieira de Mello avait été en contact avec son gouvernement lors de sa mission au Timor ainsi qu'au cours du drame des boat people vietnamiens. SOURCES:LEMONDE.FR | 20.08.03
Timor Oriental: Kofi Annan (centre) en discussion avec le leader Xanana Gusmao (droite) et Sergio Vieira de Mello in Dili. M. Sergio Vieira de Mello, un diplomate spécialiste des droits de l'homme Le Brésilien Sergio Vieira de Mello, 55 ans, qui a trouvé la mort mardi 19 août dans l'attentat à l'explosif au siège de l'ONU à Bagdad, était le représentant spécial des Nations unies pour l'Irak, plus haut fonctionnaire de l'organisation dans le pays. L'explosion s'est produite sous la fenêtre du haut fonctionnaire, qui semble avoir été la cible de l'attentat, selon un responsable de l'ONU, Salim Lone. POSTE SENSIBLE M.
Vieira de Mello était arrivé à Bagdad le 2 juin, en affirmant
que "le plus tôt le peuple irakien se gouvernera lui-même,
le mieux cela sera". Il avait repris cette idée le 24 juin,
déclarant qu'aucun "étranger ne peut aujourd'hui gouverner
ce pays. Seuls les Irakiens peuvent le faire." DU PÉROU AU TIMOR Le
Brésilien était par ailleurs spécialiste des problèmes humanitaires
et de la reconstruction de pays. Il avait officié au Proche-Orient,
dans les Balkans, en Asie et en Afrique.
Sergio Vieira de Mello au Conseil de sécurité le 22 juillet dernier Sergio
de Mello, un "urgentiste" passionné des conflits FINESSE POLITIQUE Homme
du sérail atypique, Sergio Vieira de Mello était devenu le "pompier"
par excellence des Nations unies, l'homme des situations urgentes
et difficiles. Il jouissait du respect et de la confiance des
gouvernements pour sa fiabilité, son image de "grand commis"
de l'ONU, sa finesse politique, et sa nomination comme représentant
des Nations unies à Bagdad avait reçu l'approbation unanime d'états
qui a priori n'avaient pas les mêmes intérêts à défendre. Lorsque
son nom commença à circuler officieusement comme ayant les faveurs
des Américains, le ministre français des affaires étrangères,
Dominique de Villepin, s'en réjouit en privé, y voyant un signe
favorable au rétablissement progressif de l'autorité de l'ONU
dans cette crise. SITUATIONS DE CRISE L'urgentiste
de l'ONU était passionné par la résolution des conflits, laquelle
suppose du temps, et souffrait que certaines de ses missions soient
trop vite interrompues. L'habitude d'avoir recours à lui dans
les situations de crise avait été prise au HCR. Kofi Annan, devenu
secrétaire général de l'ONU, l'a perpétuée. C'est à Sergio Vieira
de Mello qu'il demanda en juin-juillet 1999, après l'intervention
de l'OTAN au Kosovo, d'aller mettre en place la mission de l'ONU
à Pristina, mission qui fut ensuite confiée à Bernard Kouchner.
Il y a quelque mois, lorsque l'Irlandaise Marie Robinson décida
de quitter le poste de Haut représentant de l'ONU pour les droits
de l'homme, c'est lui que l'on appela. A peine s'était-il attelé
à la tâche, que Kofi Annan lui confia la mission politiquement
délicate à Bagdad. Que dit la presse tunisienne? Principaux titres parus dans la presse tunsienne du 21 août
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